C’est un président de la République sûr de lui qui a fait à la presse hier, vendredi 4 avril 2025. Sans détours, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a répondu à plusieurs questions, allant de l’économie a la diplomatie en passant par la justice. Souvent sous un ton sec et menaçant. Morceaux choisis.
Traque contre Macky Sall ?
« Je ne regarde pas qui a fait ou qui n’a pas fait. C’est moi qui ai juré de respecter la loi et de faire respecter la loi. Quand un operateur économique est arrêté, il n’y a pas de problèmes. Mais quand il s’agit d’un homme politique, on dit que c’est un règlement de compte. Je ne peux poursuivre personne. C’est le travail de la justice. C’est à elle et a seule seulement de décider de qui doit être poursuivi. Toutefois, je tiens quand même à ce que des enquêtes soient menées pour savoir si à fait quoi. Et quelques soient les résultats, c’est encore la loi qui doit autoriser des poursuites. D’ailleurs, je peux même vouloir poursuivre quelqu’un alors que la loi ne le permet. Je ne pourrais que constater mais je n’y peux rien.
Je suis allé rencontrer le président Macky Sall au palais. Il y a eu des accolades. Je l’ai fait avec le cœur. Il m’a dit qu’il voulait se rendre à La Mecque pour effectuer un Oumra (petit pèlerinage, Ndlr). J’ai autorisé qu’il parte avec l’avion présidentiel. Ensuite, il a préféré aller s’installer ailleurs (Marrakech, au Maroc, Ndlr). Pendant ce temps, le pays continue sa marche vers l’avant. Pourtant, je sais qu’il fait des choses en cachette. Je suis au courant. Mais je ne lui en veux pas ».
Sonko, un super Premier ministre
Ceux qui s’attendent à ce que le président de la République s’approprie tous les pouvoirs n’ont qu’a déchanter. Bassirou Diomaye Diakhar Faye est et reste dans la logique de partage de pouvoirs particulièrement avec son Premier ministre, Ousmane Sonko.
« Je veux des DG forts, les ministres forts, un Premier ministre super fort.
Je ne veux pas être ce type de président qui détient tous les pouvoirs. Je crois à la répartition des pouvoirs entre les tenants de l’exécutif. Les assises restent ma boussole ».
La presse : « Vous êtes fautifs »
S’il y a une question qui a fait sortir le Chef de l’Etat de ses gonds, c’est bien celle relative à la situation économique que traverse les médias sénégalais.
« Je n’ai jamais été pas d’accord avec l’amnistie fiscale. Je ne serai jamais d’accord. Je n’étais pas d’accord quand on l’a fait sous Wade. Je n’étais pas non plus d’accord quand ça a été fait pour la première fois avec Macky Sall. L’accepter correspond à faire de la fraude fiscale. Ces comportements consistant à retenir des impôts sans les reverser correspondant à un détournement de denier public, selon le code général des impôts en ses articles 686 et 687. Le mandat de dépôt est d’ailleurs obligatoire en cas de plainte.
Il y a des problèmes partout. L’argent des conventions allaient vers des insulteurs notamment contre Ousmane Sonko. Il faut que vous acceptiez les reformes qui ne peuvent pas se faire sans douleurs. Payons tous nos impôts, c’est notre responsabilité ! Vous êtes fautifs !
Ce qui je n’ai pas aimé dans l’attitude de la presse, c’est que vous voulez court-circuiter tout le monde, le Premier ministre, le ministre et venir directement me voir, qu’on règle vos problemes et qu’on prenne une photo ensemble. Je ne le ferai pas. Personne ne peut me mettre la pression. Allez discuter avec le ministre, puis le ministre des Finances. Les questions des corporatistes doivent etre réglées au niveau des ministères (…) ».
Sud Quotidien