Devant une foule nombreuse rassemblée sur le parking du stade Léopold Sédar Senghor, le Premier ministre et président du parti Pastef, Ousmane Sonko, a animé ce samedi un « Téra Meeting » marqué par de vives déclarations sur la justice, la gouvernance et les alliances politiques.
« Nous réclamons justice, pas vengeance »
Dans un discours offensif, Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position de son parti face aux accusations de vengeance politique.
« Quelqu’un qui se venge ne va pas devant les tribunaux. Nous ne sommes pas dans une logique de vengeance, nous réclamons justice », a-t-il martelé, répondant ainsi à ceux qui l’accusent d’instrumentaliser les institutions judiciaires.
Sans les nommer directement, il a visé deux figures politiques, le Dr Abdourahmane Diouf et Aminata Touré, qu’il accuse de chercher à semer la division au sein du camp présidentiel.
« L’un d’eux a été épinglé par l’Inspection générale d’État pour des détournements de plus de deux milliards de francs CFA. Ces personnes ne peuvent pas être de notre camp, ni être considérées comme des alliés sincères », a déclaré le leader de Pastef.
Des irrégularités dans un ministère
Le Premier ministre a par ailleurs révélé l’existence de cas de surfacturation au sein d’un département ministériel.
« Suite à ces découvertes, j’ai demandé au président Bassirou Diomaye Faye de muter provisoirement le responsable concerné, en attendant que toute la lumière soit faite », a-t-il annoncé, promettant transparence et fermeté.
Reddition des comptes et restructuration de la coalition
Le leader de Pastef a réaffirmé son attachement au principe de reddition des comptes, insistant sur la nécessité de juger tous les responsables d’actes de corruption ou de violences politiques.
« Tous ceux qui ont participé à la prévarication ou aux événements meurtriers entre 2021 et 2024 rendront des comptes. Et si la justice ne fait pas son travail, que les Sénégalais cessent de se fatiguer à payer leurs impôts », a-t-il averti.
Concernant la coalition « Diomaye Président », Ousmane Sonko a confirmé que Pastef y resterait, mais a annoncé une refonte en profondeur.
« La coalition sera réorganisée autour de Pastef/Les Patriotes. Certains partis nous ont déjà rejoints, et Pastef reste ouvert à tous ceux qui partagent nos valeurs », a-t-il précisé, après avoir consulté ses militants sur la question.
Des attaques contre le « système » et certains magistrats
Fidèle à sa ligne critique, Sonko a dénoncé la persistance du « système » dans les institutions, notamment au sein de la justice.
« Ce système est toujours là. Il s’infiltre partout, y compris dans la magistrature. Certains juges, notamment à la Cour suprême, bloquent les dossiers du Pôle judiciaire financier parce qu’ils ont des comptes personnels à régler avec moi », a-t-il accusé.
Appel à la dissolution de l’APR
Enfin, Ousmane Sonko s’est attaqué à l’ancien parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (APR), qu’il a qualifié de « parti criminel ».
« La dette cachée révélée récemment est une haute trahison. Ce parti a perdu toute légitimité. Un décret doit être pris pour dissoudre l’APR », a-t-il lancé sous les ovations de ses partisans.
Ce « Téra Meeting », premier du genre depuis plusieurs mois, a confirmé le retour en force du chef du gouvernement sur la scène politique et la volonté affichée de Pastef de s’imposer comme le pilier central de la majorité présidentielle.

