Gambie : arrestation d’un ancien Jungler au Sénégal

Sanna Manjang, ancien membre de la redoutable escouade des Jungullars du régime Jammeh, a été capturé samedi matin en Casamance au terme d’une opération conjointe sénégalo-gambienne. Fugitif depuis janvier 2017, il est accusé de torture, disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires.

Le gouvernement gambien a annoncé samedi l’arrestation de Sanna Manjang, ancien membre des redoutés Junglers, unité paramilitaire accusée de graves violations des droits de l’homme sous le régime de l’ex-président Yahya Jammeh.

Selon un communiqué du ministère de l’Information parvenu à APA, Manjang a été interpellé aux premières heures de la matinée dans la région sénégalaise de Casamance, à l’issue d’une opération conjointe entre les autorités du Sénégal et de la Gambie.

Son arrestation intervient plusieurs mois après l’émission, en février dernier, d’un mandat d’arrêt par le tribunal de première instance de Banjul. L’ancien soldat, décrit comme l’un des Junglers les plus actifs, est soupçonné d’être impliqué dans des meurtres, disparitions forcées et actes de torture commis durant les 22 années de règne de Jammeh.

La procédure avait été relancée après une requête d’Interpol Washington demandant à la police gambienne de confirmer si Manjang était toujours recherché et recommandant l’émission d’un mandat international. Celui-ci visait à le traduire en justice pour des crimes commis entre 1994, année du coup d’État de Jammeh, et 2017, date de sa chute et de son exil en Guinée équatoriale.

D’après le communiqué, les services de sécurité sénégalais et gambiens ont œuvré « en étroite collaboration » ces derniers mois pour localiser le fugitif, en cavale depuis janvier 2017. Cette coopération a été renforcée par l’adoption, le 23 novembre, par le Conseil des ministres sénégalais, d’un projet de loi autorisant la ratification de la Convention d’extradition entre les deux pays.

Cité dans les conclusions de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), Manjang est accusé d’avoir joué un rôle central dans les exécutions extrajudiciaires, la torture et les disparitions forcées attribuées aux Junglers.

Son arrestation constitue, selon Banjul, « une avancée majeure » dans la quête de justice pour les victimes du régime Jammeh. Les autorités gambiennes indiquent que les dispositions sont en cours pour son rapatriement, où il sera poursuivi conformément à la loi.

Le gouvernement a réaffirmé son engagement envers la justice, la responsabilité et la protection des droits humains, tout en saluant la coopération « constante et déterminante » du Sénégal dans cette opération.

APA

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *