À l’occasion de la Journée internationale des migrants, la voix de Boubacar Sy, président de l’Organisation internationale de défense, d’orientation et d’intégration des migrants Horizons sans Frontières, résonne avec gravité. Chercheur et consultant en migration internationale, il dresse un constat alarmant sur la situation des Sénégalais de la diaspora, marquée cette année par une série de drames.
Selon Boubacar Sy, 29 Sénégalais ont été assassinés ou retrouvés morts à l’étranger dans des circonstances non élucidées. Un chiffre qu’il qualifie d’« alarmant », représentant en moyenne près de trois décès par mois. « Nous entamons cette célébration avec une note très triste », déplore-t-il, soulignant que ces pertes humaines interrogent profondément sur les causes et les responsabilités.
Plus préoccupant encore, certains de ces crimes seraient commis par des compatriotes sénégalais eux-mêmes. « Dans les pays d’accueil, il arrive que des autochtones tuent pour diverses raisons, mais aujourd’hui, nous nous tuons entre nous à l’étranger. Cela pose un véritable problème », insiste-t-il. Cette situation révèle, selon lui, des tensions sociales et un manque d’encadrement des communautés migrantes.
Face à ces drames récurrents, Boubacar Sy appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement son rôle. Il demande que les autorités sénégalaises se constituent partie civile afin de déclencher systématiquement des informations judiciaires dans les pays d’accueil. Une démarche minimale, estime-t-il, pour soulager les familles endeuillées et éviter que ces affaires ne restent sans suite.
Au-delà de l’émotion, le président d’Horizons sans Frontières plaide pour l’adoption d’une véritable politique migratoire, fondée sur la protection des migrants. Pour lui, la Journée internationale des migrants doit être non seulement un moment de commémoration, mais aussi un temps d’actions concrètes en faveur de la dignité et de la sécurité des Sénégalais de l’extérieur.

