Crise sociale dans l’éducation : le G7 relance la grève pour exiger le respect des engagements de l’État

L’école sénégalaise s’apprête à renouer avec de fortes perturbations à compter de ce mardi 13 janvier. En cause, le lancement d’un nouveau plan d’actions par les syndicats d’enseignants les plus représentatifs regroupés au sein du G7 qui entendent « amener le Gouvernement du Sénégal à satisfaire sans délai les préoccupations fortes de la partie syndicale portant sur la signature des décrets pour la révision du statut des décisionnaires, la correction du système de rémunération, l’arrêt de la surimposition des rappels, le parachèvement de la formation diplômante des enseignants ». 

Lors d’une conférence de presse tenue hier, lundi 12 janvier, le G7 a décliné un calendrier mobilisation progressif. Il est ainsi prévu un débrayage ce mardi 13 janvier 2026 à partir de 09h, une grève totale le mercredi 14 janvier 2026, un débrayage à 9 h suivi d’une marche nationale le jeudi 22 janvier 2026 à Thiès et une grève totale vendredi 23 janvier 2026. A travers ce mot d’ordre, les syndicats dénoncent une situation qu’ils estiment marqué par « l’immobilisme dans la prise en charge des préoccupations des enseignants à travers l’apurement du passif des protocoles d’accord signés en 2018 et 2022 », selon eux, depuis la survenue de la troisième alternance politique. 

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux imputent cette crise à « la léthargie du comité de suivi des accords chargé de fairre périodiquement l’état de réalisation des promesses, d’apporter les relances opportunes et de communiquer convenablement avec toutes les parties prenantes ». Une situation qu’ils jugent « notoirement préjudiciable au secteur dans sa globalité ».  

Au-delà de la grève, Le G7 exige également du gouvernement « l’ouverture de négociations sérieuses » sur plusieurs points restés en suspens. Il s’agit notamment de la signature des décrets toujours en instance, de la persistance des lenteurs administratives, de la récurrence du retard de paiement des salaires des contractuels constatés ainsi que du  retard de paiement des indemnités d’examens de la Formation professionnelle et technique, des professeurs d’Education Physique et Sportive des Inspections d’Académie de Dakar, Rufisque et Pikine-Guédiawaye, de la surveillance du baccalauréat et des intervenants extérieurs des Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation (CRFPE) pour 2023-2024 et 2024/2025.

A cela, s’ajoutent, selon les syndicats, la mise à l’écart du G7 dans le cadre des activités du ministère de l’Education nationale, le caractère dilatoire du gouvernement dans l’apurement du passif social, la non correction du système de rémunération et l’absence de prise en charge de la supervision de l’examen du CFEE et du BFEM par les inspecteurs.

Les syndicalistes élargissent leurs revendications à ce qu’ils qualifient d’« ‘inertie inacceptable » dans la matérialisation des accords relatifs à l’habitat social, aux cotisations sociales des contractuels, au processus de digitalisation des actes et procédures de la fonction publique, au retour des budgets dans le préscolaire et l’élémentaire, aux indemnités des classes spéciales dans les Écoles de formation agricole (EFA), à la réouverture « sans délai de l’EFA de Ndindy 2 » et à la réforme des retraites ».

Sur le terrain syndical, le G7 dit condamner « avec la dernière énergie les blocages récurrents des virements des cotisations syndicales visant à asphyxier les syndicats ». Il fustige ce qu’il qualifie « d’actes ignobles » et exige « le retour à l’orthodoxie dans les meilleurs délais et l’arrêt systématique du détournement des cotisations des militants des syndicats ».

Dans son texte liminaire, l’intersyndicale déplore « la léthargie notée au niveau du dispositif de dialogue social qui, en sa qualité de témoin, lors de la signature du protocole doit obligatoirement jouer sa partition pour amener le Gouvernement à respecter ses engagements afin d’anticiper sur les crises évitables qui pourraient survenir dans le système éducatif ». Elle rappelle rappeler au « ministère de l’Education nationale que la démarche inclusive et participative doit être de mise pour impliquer les syndicats représentatifs dans toutes les décisions prises dans le secteur de l’Education et de la Formation »

En conclusion, le G7 précise à « toutes les parties prenantes de l’Ecole sénégalaise que la stabilité de l’année scolaire précédente procède tout simplement de la capacité de résilience et de l’engagement patriotique des syndicats », laissant entendre que cette patience atteint désormais ses limites face à l’accumulation de promesses non tenues.

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *