L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est montée au créneau après le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba survenu sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public, l’organisation de défense des droits humains dénonce avec vigueur une « répression policière violente et disproportionnée », qu’elle qualifie de grave violation des droits fondamentaux.
Selon l’ADHA, Abdoulaye Ba, étudiant orphelin, n’aurait eu aucun lien avec les actes de violence ayant précédé l’intervention des forces de l’ordre. Des témoignages concordants indiquent qu’il aurait été brutalement agressé dans sa propre chambre universitaire, un espace privé censé être inviolable. Si ces faits sont confirmés, ils constitueraient, selon l’organisation, de sérieuses atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité humaine.
« Rien ne peut justifier qu’un étudiant perde la vie sous les coups dans un campus universitaire », affirme l’ADHA, rappelant que l’université ne saurait être assimilée à une zone de non-droit ni à un théâtre d’opérations sécuritaires. Pour l’organisation, la militarisation des campus et la criminalisation des revendications étudiantes traduisent une dérive incompatible avec les principes d’un État de droit.
Face à la gravité des faits, l’ADHA formule plusieurs exigences majeures. Elle condamne fermement l’usage excessif de la force contre les étudiants et réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes, impartiales et crédibles, confiées à la Gendarmerie nationale, afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba ainsi que sur les violences perpétrées sur le campus.
L’organisation demande également que toutes les responsabilités soient situées, à tous les niveaux de la chaîne de commandement, et que des sanctions sévères, tant pénales qu’administratives, soient prises à l’encontre des auteurs et des éventuels commanditaires. Des démissions sont aussi réclamées au sein des instances ayant permis ou couvert cette répression qualifiée de « meurtrière ».
Enfin, l’ADHA a exprimé sa solidarité totale à la famille de la victime, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée. « Justice doit être rendue. La vérité doit être dite. Et plus jamais un étudiant ne doit mourir pour avoir été étudiant », conclut le communiqué.
