Contre les bavures policières : un collectif marche pour réclamer justice

Une marche pacifique contre les bavures policières s’est tenue samedi après-midi à Dakar à l’initiative du Collectif contre les bavures policières. Quelques dizaines de manifestants ont répondu à l’appel, réclamant « vérité et justice » pour les victimes présumées d’abus, sous la supervision des forces de sécurité.

Le cortège s’est ébranlé peu avant 16 heures depuis le Casino de Liberté 1 en direction du rond-point Jet d’Eau. Avant le départ, les participants ont entonné l’hymne national, brandissant des drapeaux aux couleurs de la République ainsi que des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Justice pour nos martyrs », « Non aux bavures policières », « Exigeons vérité et justice » ou encore « Non à l’impunité ». Plusieurs manifestants ont également rendu hommage à Abdoulaye Ba, dont le décès alimente la contestation.

Selon les organisateurs, cette mobilisation vise à interpeller les autorités sur des cas présumés de violences imputées aux forces de défense et de sécurité et à exiger l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes. Momar Assane Diouf, l’un des responsables du collectif, a insisté sur la nécessité « d’établir les responsabilités » et de renforcer les mécanismes de contrôle encadrant l’action des forces de l’ordre.

Des étudiants et activistes ont dénoncé des « violences récurrentes » à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, évoquant notamment les événements du 9 février. Khalil Bassène, membre du collectif, a estimé que les incidents survenus sur le campus constituaient « la goutte d’eau de trop » dans un contexte marqué, selon lui, par plusieurs affrontements ces dernières années. Il a fait état d’interventions musclées, de tirs de grenades lacrymogènes et de dégradations de biens étudiants. S’il dit prendre acte des décisions annoncées par le ministère de l’Intérieur concernant des policiers impliqués, il juge ces mesures « insuffisantes ».

Mame Awa Diouf a rappelé que « toutes les vies comptent » et que le maintien de l’ordre ne saurait justifier des pertes humaines. Elle a appelé l’État à situer les responsabilités et, le cas échéant, à appliquer des sanctions exemplaires.

De son côté, Serigne Saliou Fall, président de la commission sociale de la faculté de médecine de l’UCAD, a indiqué que 107 étudiants auraient été blessés lors des récents heurts, dont cinq cas graves, selon un bilan du service médical universitaire. Il a réclamé que « toute la lumière soit faite » sur la mort d’Abdoulaye Ba.

Présent à la marche, Souleymane Gueye du FRAPP a dénoncé « l’impunité persistante », estimant que l’absence de sanctions favorise la répétition des abus, et plaidé pour l’avènement d’« une police citoyenne ».

La manifestation s’est achevée vers 17 heures par un moment de recueillement : un genou à terre, les participants ont observé une minute de silence en hommage aux victimes. La dispersion s’est effectuée dans le calme, sans incident majeur signalé.

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