La séance de questions d’actualité au Gouvernement, tenue le 24 février 2024 à l’Assemblée nationale du Sénégal, a donné lieu à une vive polémique. Dans un communiqué conjoint rendu public à l’issue des débats, l’opposition parlementaire dénonce une série de « violations manifestes » du Règlement intérieur de l’institution.
Selon le communiqué, plusieurs députés de la majorité se seraient livrés à des invectives et à des attaques personnelles en pleine séance plénière, en contradiction avec l’article 64 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), qui dispose que le débat parlementaire doit être « serein, courtois et impersonnel ».
L’opposition cite notamment le député Ayib Daffe, accusé d’avoir qualifié des députés de l’opposition de « chiens » et de « chiots », ainsi que Alioune Dieye, qui se serait attaqué au père de l’honorable Anta Babacar Ngom. Des propos jugés « gravement contraires » aux exigences de respect et de dignité imposées par le règlement.
Les signataires rappellent que la séance de questions d’actualité a pour objectif de permettre au Gouvernement d’apporter des réponses aux préoccupations urgentes des populations, conformément à l’article 104 du RIAN. « En aucune façon, il n’est permis aux députés de se substituer au Gouvernement pour répondre à sa place, encore moins d’insulter des collègues qui n’ont fait que poser des questions », souligne le texte.
Le communiqué pointe également la responsabilité du président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, accusé d’avoir manqué à son rôle de garant du bon déroulement des débats.
L’opposition lui reproche notamment d’avoir accordé cinq minutes supplémentaires au Premier ministre, alors que le temps de parole était strictement encadré et connu à l’avance par tous les intervenants, y compris les membres du Gouvernement. Dans le même temps, aucune possibilité de réplique n’aurait été offerte aux députés, ce qui, selon les signataires, constitue une entorse à l’esprit d’équilibre et d’équité prévu par l’article 77 du RIAN, relatif au code de conduite des parlementaires.
Les auteurs du communiqué estiment que cette décision a permis au chef du Gouvernement de « s’adonner à son jeu favori : invectiver l’opposition, dire du mal de tout et de tous, avant de fuir le débat et ne jamais répondre aux vraies questions ».
Face à ce qu’elle qualifie de « pratiques qui dévoient les règles d’un exercice démocratique de haute portée », l’opposition parlementaire dénonce publiquement l’attitude du président de l’Assemblée et condamne « vigoureusement » les comportements des députés mis en cause.
Elle affirme prendre « l’opinion nationale et internationale à témoin » et annonce qu’elle « saura tirer toutes les conséquences de droit de ces graves manquements », sans préciser, à ce stade, les actions envisagées.

