Hier, mercredi 18 juin 2025, ont été ouvertes les journées de concertations du secteur de la communication sur le thème : «Intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace». Présidées par le Directeur de la Communication, Habibou Dia, au nom du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, empêché pour des besoins du Conseil des ministres, ces travaux qui ont réuni plusieurs acteurs venus de milieux divers, permettront de mieux cerner les exigences en matières de régulation mais aussi de réfléchir aux ressources et moyens appropriés pour que les structures de régulation e d’autorégulation puissent jouer pleinement leurs rôles.
Conscient de la place primordiale qu’occupe les médias dans la vie de la Nation, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors du Conseil des Ministres du 7 mai 2025, a exhorté au gouvernement « d’accentuer les concertations avec les différents acteurs du secteur de la presse en vue de mieux accompagner et de soutenir davantage sa professionnalisation et sa transformation à la hauteur du rayonnement démocratique du Sénégal dans le respect du régime de liberté encadré par les lois et règlements en vigueur. »
Une recommandation que le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a donné corps par l’organisation, des journées de concertations du secteur de la communication, dont la cérémonie d’ouverture s’est déroulée hier, mercredi 18 juin sous le thème : Intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace.
« Ce cadre inclusif qui se veut transparent et résolument tourné vers l’avenir de façon très ambitieuse se veut un moment fort de réflexion collective, audacieuse et sans tabou », déclare Habibou Dia, directeur de la communiqué qui a présidé la cérémonie d’ouverture au nom du ministre Alioune Sall.
Le secteur de la communication théâtre d’une transformation
Etant à la croisée des chemins, le secteur de la communication selon le directeur de la communication, « est le théâtre d’une transformation sans précédent portée par la révolution numérique, la démonstration de la parole publique via les réseaux sociaux et l’émergence de technologies avancées telles que l’IA. »
Préoccupations majeures en matière d’intégrité de l’information
Bien que porteuses de formidables opportunités, « ces mutations soulèvent également des préoccupations majeures en matière d’intégrité de l’information, de régulation, de gouvernance dans un contexte de montée en puissance de l’influence médiatique étrangère », a souligné M. Dia.
Ainsi, à travers des panels organisés à cet effet, plusieurs questions telles que les nouvelles réglementations de la régulation, la revue des contenus de nos télés, le comment renforcer le régulateur dans ses pouvoirs à faire respecter les dispositions des conventions des cahiers des charges et l’étendre sur le Web Tv, ou encore la responsabilité des journalistes dans le cadre de l’autorégulation régulateur mais aussi du code de la publicité seront abordées.
Cerner les exigences en matière de régulation
Il s’agira dans ce cadre d’après Habibou Dia « de mieux cerner les exigences en matière de régulation mais aussi de réfléchir aux ressources et moyens nécessaires pour que les structures autorégulatrices puissent jouer pleinement leurs rôles. »
Prenant la parole à son tour, Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social, se réjouissant de l’organisation de ces journées qui constitue selon lui un signe d’expression de la dynamique de promotion de la culture de la concertation, consubstantiel à l’instauration et la consolidation de la paix sociale dans notre Pays,
Indique toutefois qu’« en Dialogue social, la forme la plus élémentaire consiste le partage d’informations. »
De ce point de vue, estime-t-il, « cette présente concertation revêt une importance capitale, dès lors qu’elle porte sur les règles du jeu pouvant notamment contribuer au respect des principes liés à l’exercice des métiers relatifs à la communication. »
Promotion d’une information intègre et crédible de la cohésion nationale et sur la préservation de la vie privée
Par ailleurs, dans un contexte plus que jamais marqué par l’émergence des réseaux sociaux, « il convient de s’accorder sur les voies les plus indiquées pour d’une part, palier les incidences négatives sur les médias notamment sur la promotion d’une information intègre et crédible de la cohésion nationale et sur la préservation de la vie privée des citoyens et d’autre part, mieux réguler les interventions des nouveaux acteurs projetés au-devant de la scène par les réseaux sociaux », a plaidé le président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS).
Cependant, face aux conditions économiques difficiles dans lesquelles évoluent les médias, estime M. Dianté, « il est tout aussi crucial d’engager un dialogue franc, sincère et constructif sur les modèles économiques, la transparence des financements et la juste rémunération du travail journaliste. »
Repenser le financement aléatoire des entreprises de presse
De son côté, réagissant au nom des acteurs de la presse, Moustapha Cissé, Secrétaire général du SYNPICS préoccupé par la situation financière des médias, appelle à repenser le modèle de financement des entreprises de presse dont il juge aléatoire. Pour ce faire, il préconise la mise sur pied d’un programme de mise à niveau des entreprises de presse adossé au bureau de mise à niveau (BMN). « Ce programme permettra de professionnaliser la gestion, d’industrialiser la production, de renforcer les compétences et d’accompagner la modernisation technique », a indiqué celui qui a porté la parole des acteurs des médias.

