Sous l’égide du programme « Saxal Jamm », l’ONG 3D, en partenariat avec le COSCE et le GRADEC, et avec le soutien financier de l’Union européenne, organise un colloque régional de haut niveau les 9 et 10 septembre à l’hôtel Azalaï de Dakar. Le thème central : « Contribution de la société civile dans la consolidation de la paix et la stabilité politique en Afrique de l’Ouest ».
L’événement réunit des experts électoraux, des représentants de la société civile, ainsi que d’éminentes personnalités politiques, parmi lesquelles le Général Jean Baptiste Tine, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, et Madame Aminata Touré, Haut représentant du Président de la République du Sénégal.
Deux tables rondes de haut niveau sont prévues au programme : l’une sur les mécanismes de prévention des conflits, l’autre sur le renforcement de la démocratie dans une sous-région régulièrement confrontée à des défis politiques et sécuritaires.
Un espace de réflexion stratégique
Pour Moundiaye Cissé, Directeur exécutif de l’ONG 3D, ce colloque s’inscrit dans une dynamique régionale visant à poser les bases d’une résilience démocratique durable en Afrique de l’Ouest.
« Nous avons organisé ce colloque pour réunir les experts électoraux de la sous-région avec l’appui de l’Union européenne, qui nous a donné l’opportunité de réfléchir ensemble sur des voies et des moyens de résilience démocratique en Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré en marge de l’ouverture.
Une étude préalable, commanditée par les organisateurs, a permis d’identifier les menaces majeures pesant sur les démocraties de la région qu’elles soient sécuritaires, institutionnelles ou politiques. Les conclusions issues du colloque alimenteront d’autres travaux régionaux, notamment ceux du prochain colloque du réseau IDEA, également soutenu par l’Union européenne.
Rompre avec les cycles de crises démocratiques
À travers ce rendez-vous, les organisateurs espèrent briser le cycle de crises politiques à répétition. Moundiaye Cissé rappelle que malgré les espoirs nés de plusieurs alternances démocratiques en Afrique de l’Ouest, les mêmes dérives réapparaissent.
« Chaque fois qu’on pense qu’on est sorti des difficultés, les mêmes problèmes ressurgissent : troisième mandat, reports électoraux, manipulations des processus électoraux… Il faut un système démocratique résilient, qu’on ne manipule pas au gré des autorités en place », a-t-il insisté.
Des recommandations pour les autorités
Les résultats du colloque ne resteront pas lettre morte. Les conclusions et recommandations seront remises officiellement au Ministère de l’Intérieur, dans une volonté affirmée de collaboration étroite entre la société civile et l’État.
« Nous allons verser toutes ces réflexions dans le panier du comité chargé de rédiger les textes issus du dialogue politique national. Nous avons déjà échangé avec le Ministre de l’Intérieur, même s’il n’a pu être présent aujourd’hui », a précisé Moundiaye Cissé.
Une dynamique régionale portée par les sociétés civiles
Au-delà du Sénégal, la dimension sous-régionale est au cœur de cette initiative. Le Réseau des observateurs électro-francophones, présent dans plusieurs pays africains, a été invité pour amplifier le plaidoyer en faveur de réformes démocratiques.
« Nous voulons bâtir des ponts entre nos expériences pour influencer positivement les réformes dans chacun de nos pays », conclut Moundiaye Cissé.
Ce colloque apparaît ainsi comme un jalon important dans le combat de la société civile pour une Afrique de l’Ouest plus stable, démocratique et résiliente face aux turbulences politiques. Les regards sont désormais tournés vers les retombées concrètes que pourront générer ces deux journées d’échanges intensifs à Dakar.

