Enquête sur les drames de 2021-2024 : la gendarmerie déterre les vérités enfouies

La Section de recherches (SR) de la gendarmerie nationale a intensifié son action dans l’enquête sur les violences meurtrières survenues entre 2021 et 2024. Selon le quotidien Libération, les enquêteurs ont installé leur quartier général à la « Maison de la gendarmerie », sise à la caserne Samba Diéry Diallo, symbole du déploiement massif de moyens humains et logistiques pour faire éclater la vérité sur ces sombres événements.
 
Pape Abdoulaye Touré, témoin clé face aux enquêteurs
 
Comme l’avait annoncé Libération, Pape Abdoulaye Touré, membre fondateur de l’initiative Zéro Impunité (IZI), a été entendu ce vendredi par les gendarmes. Durant deux heures, il a livré un récit glaçant, accusant directement Pape Malick Ndour ainsi qu’un certain « Chef Sow ». Touré a décrit, gestes à l’appui, une « soirée de l’horreur », en reprenant les mêmes déclarations qu’il défend depuis le début de cette affaire.
 
Les familles des victimes montent au créneau
 
Mais l’audition de Pape Abdoulaye Touré ne représente que la partie visible de l’iceberg. D’après Libération, le même jour, les gendarmes ont également recueilli les témoignages de plusieurs familles endeuillées par la répression des manifestations :
•  La famille de Cheikh Wade (32 ans), tué le 8 mars 2021 aux Parcelles Assainies, a de nouveau relancé la plainte contre X déposée à l’époque mais restée sans suite.
•  La famille d’Alassane Barry, un mineur tombé en mars 2021 aux Allées du Centenaire, a été entendue pour rappeler les zones d’ombre autour de ce décès.
•  La famille de Babacar Samba (20 ans), soudeur métallique tué par balle à Bargny, a également livré son témoignage aux enquêteurs.
 
Une enquête sous haute tension
 
Ces auditions en cascade témoignent de la volonté des autorités judiciaires et militaires de reprendre à bras-le-corps une affaire longtemps marquée par le silence et les lenteurs judiciaires. Le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, est à l’origine de cette relance. Le Haut commandement de la gendarmerie nationale a mis en place un dispositif exceptionnel, preuve que le dossier est désormais traité comme une priorité nationale.

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