Réuni le 18 novembre à Dakar, le Secrétariat exécutif permanent de Sénégal Bi Ñu Bokk (SBNB) a tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de « dérive généralisée » de l’action publique. Pour le mouvement, les enjeux réels du pays sont occultés par un bras de fer au sommet de l’État, tandis que la vie chère, le chômage massif et l’effondrement des secteurs clés s’aggravent.
Premier sujet de préoccupation : la campagne arachidière. Le SEP apporte un soutien total aux producteurs qui réclament un prix plancher de 500 F CFA le kilo et refusent le retour au système du tarare. Alors que la SONACOS peine à se relever, seuls 150 000 tonnes d’arachide auraient été réceptionnés, loin des objectifs initiaux. Le mouvement dénonce une « opacité préoccupante » et exige un tableau de bord hebdomadaire sur les tonnages et paiements, ainsi qu’un mécanisme de transparence sur les circuits d’achat.
Le secteur de la santé n’échappe pas aux critiques. La baisse prévue de 19 % du budget 2026 est jugée « incompatible » avec les besoins d’une population en croissance. SBNB redoute une dégradation des services essentiels et appelle à un audit régional avant mars 2026, ainsi qu’à un plan de continuité des financements internationaux.
Sur l’énergie, le SEP rappelle avoir alerté sur les promesses de baisse tarifaire, désormais contredites par la réduction de 30 à 40 % des subventions dans la loi de finances. « On promettait une baisse ; on prépare une hausse », déplore le mouvement, qui y voit un « impôt déguisé » sur les ménages.
La coalition revient également sur la polémique autour de la « dette cachée », estimant que l’absence de rapport officiel a ouvert une crise de confiance majeure. Après les récentes dégradations de la notation souveraine, SBNB réclame un inventaire consolidé de la dette et un comité technique indépendant chargé d’un reprofilage crédible.
Enfin, le SEP fustige l’absence du Premier ministre, assimilée à une « désertion en pleine tempête ». La République, souligne-t-il, « n’est pas un théâtre d’ambitions individuelles ».
Sénégal Bi Ñu Bokk conclut en exprimant sa solidarité avec les commerçants déguerpis, les sinistrés des inondations, les producteurs en difficulté, les travailleurs du BTP et les familles éprouvées par la vie chère. « Le pays a besoin de vérité, d’action et de responsabilité », insiste le communiqué.

