Le climat demeure tendu au sein de l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN). Dans une récente déclaration, Serigne Babacar Ndoye, coordonnateur du « Collectif pour une UDEN démocratique », est revenu sur les origines du conflit qui secoue le syndicat, pointant la responsabilité du secrétaire général sortant, Abdourahmane Guèye, qu’il accuse d’une gestion « cavalière » et non conforme aux textes.
Selon Serigne Babacar Ndoye, le dernier congrès de l’UDEN, tenu en décembre 2021, s’était soldé par une impasse en raison de profondes divergences entre son camp et celui d’Abdourahmane Guèye. Le désaccord avait notamment porté sur l’introduction d’une clause définissant la validité des candidatures au poste de secrétaire général. Le refus de Guèye de valider cette disposition aurait empêché l’adoption des nouveaux textes et règlements, paralysant ainsi les travaux.
« Abdourahmane Guèye s’est autoproclamé secrétaire général et a procédé à la distribution de postes à ses proches, sans clarification préalable de sa gestion », a affirmé Ndoye, rappelant que de nombreuses zones d’ombre persistaient quant à l’administration du syndicat pendant tout son mandat.
Face à cette situation, un collectif conduit par Serigne Babacar Ndoye a été mis sur pied et a engagé des poursuites pour détournement de fonds et mauvaise gestion. En janvier 2023, Abdourahmane Guèye et la trésorière de l’UDEN, Bator Ndiaye, avaient été inculpés et placés sous contrôle judiciaire. Le 5 juin 2025, Guèye a par ailleurs été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 3 millions de francs CFA pour diffamation à l’encontre d’Ismaïla Diaw, secrétaire général de la section Dakar-Médina.
Le collectif rappelle que tous les mandats au sein de l’UDEN sont arrivés à expiration et que le secrétaire général sortant a fait valoir ses droits à la retraite depuis novembre 2023. Malgré cela, Abdourahmane Guèye « ignore délibérément la nécessité de convoquer un congrès », accuse Ndoye, qui dénonce également de « larges dépenses injustifiées » évaluées à plus de 20 millions de francs CFA. Selon lui, ces fonds auraient été utilisés dans une tentative de se positionner à la tête de l’UNSAS, au détriment des intérêts de l’UDEN.
Le collectif appelle enfin les figures historiques du syndicat, en particulier Mamadou Diop Castro, à « faire preuve de sagesse » et à ne pas soutenir « les agissements d’un hors-la-loi ».

