Le Cercle des Cadres de la République des Valeurs (CECAR) salue l’achèvement du rebasing des comptes nationaux, une opération statistique destinée à mieux couvrir l’ensemble des activités économiques du pays. Comme en 2014, cette actualisation fera mécaniquement grimper le PIB nominal, améliorant en apparence certains indicateurs macroéconomiques. Mais pour le CECAR, ces éclaircies statistiques ne doivent tromper personne : « la réalité économique vécue par les Sénégalais, elle, ne change pas ».
Malgré un endettement et un déficit qui paraîtront moins élevés une fois rapportés à un PIB rebasé, les chiffres du Projet de Loi de Finances 2026 dressent un tableau préoccupant. La dette publique atteint encore 119 % du PIB (base 2014), loin des normes de l’UEMOA. Près de la moitié des ressources de l’État sert au seul service de la dette, tandis que l’essentiel du besoin de financement 2026 est destiné à rembourser d’anciens emprunts plutôt qu’à soutenir le développement. Les hypothèses de croissance et de pression fiscale sont par ailleurs jugées irréalistes par le FMI.
Le CECAR insiste : le rebasing ne réduit aucune dette, n’améliore ni la trésorerie ni la capacité de l’État à financer les services essentiels. Il ne corrige pas non plus les dérives constatées dans l’exécution budgétaire, entre subventions énergétiques élevées, masse salariale en hausse et investissements publics insuffisamment territorialisés.
Face au risque d’instrumentalisation politique des nouveaux chiffres, le Cercle appelle à une communication « honnête et pédagogique », rappelant que cette opération demeure purement technique. Pour le CECAR, l’urgence n’est pas dans la présentation d’indicateurs embellis, mais dans des réformes structurelles capables de restaurer la soutenabilité des finances publiques et de relancer la production nationale.

