Élimination de la violence à l’égard des femmes au travail : le COMFEM/CNTS demande la ratification de la Convention 190 de l’OIT

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Comité national des femmes de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (COMFEM/CNTS) a réaffirmé, hier, 27 novembre à Dakar, l’urgence pour le Sénégal de ratifier la Convention 190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette norme internationale, première à reconnaître le droit de toute personne à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement, est au cœur de la campagne annuelle des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre.

Dans une déclaration lue par sa présidente, Aïssatou Touré, le COMFEM/CNTS a rappelé que « cette période marque un appel mondial à la mobilisation et à l’action collective ». Elle a souligné que des lettres officielles ont été adressées au Président de la République, au Premier ministre et aux ministères concernés, dès le 25 novembre, afin « de réaffirmer l’urgence et la nécessité d’agir ».

Cette prise de position s’appuie notamment sur les conclusions du Forum national des femmes travailleuses, organisé le 15 juillet 2025. L’événement, qui a réuni plus de 1 200 participantes et 31 organisations signataires, a mis en lumière les lacunes persistantes du cadre légal sénégalais face à l’ampleur des violences au travail.

Les données issues d’enquêtes pilotes menées par l’OIT en 2024 en Afrique de l’Ouest dressent, elles aussi, un tableau préoccupant. Selon la présidente du COMFEM/ CNTS « 65 % des personnes ayant une expérience professionnelle déclarent avoir été confrontées à une forme de violence ou de harcèlement ; 37 % en ont subi au cours des 12 derniers mois ; la violence psychologique reste la plus répandue, aggravée par les réseaux sociaux ; la violence sexuelle touche 22 % des femmes et 16 % des hommes… »

Pour le COMFEM/CNTS, ces chiffres « traduisent l’ampleur d’un phénomène qui entrave le droit à la dignité, nuit à la santé mentale et physique, et fragilise la productivité nationale ». Aïssatou Touré s’est toutefois félicitée des signaux positifs émis par les autorités, notamment les déclarations du Premier ministre lors du Conseil des ministres du 7 mai 2025 et les engagements de la Déclaration de politique générale en faveur de l’égalité des sexes et de la modernisation du Code du travail.

Devant cette situation, la CNTS formule plusieurs recommandations majeures à savoir « la ratification urgente de la Convention 190 ; l’élaboration d’un plan national d’action ; le renforcement des dispositifs de santé et sécurité au travail ; l’amélioration du cadre juridique ; la mise en place d’un mécanisme national de suivi ; une collaboration renforcée entre l’État, les syndicats, les employeurs et la société civile. »

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