Au lendemain du coup d’État du 26 novembre en Guinée-Bissau, la junte menée par le général Horta N’Tam a engagé ses premières décisions pour structurer la transition. La nomination d’Ilídio Vieira Té comme Premier ministre, pour une période de douze mois, en constitue l’axe central. Il dirigera également les Finances, devenant l’homme clé d’un exécutif militaire en quête de légitimité. La veille, le major-général Tomás Djássi avait été désigné chef d’État-major général des armées.
Ces annonces interviennent alors que la Cédéao, réunie en session extraordinaire sous la présidence de Julius Maada Bio, a condamné « dans les termes les plus forts » la destitution du président Umaro Sissoco Embaló. L’organisation régionale a suspendu la Guinée-Bissau de toutes ses instances et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel, la libération des responsables arrêtés et la proclamation des résultats de la présidentielle du 23 novembre.
Pour tenter de faire infléchir la junte, une mission de médiation de haut niveau – conduite par les présidents Faure Gnassingbé, José Maria Neves et Bassirou Diomaye Faye – a été dépêchée, accompagnée du président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray. Parallèlement, Embaló a été exfiltré vers Dakar, « sain et sauf », grâce à une opération coordonnée par les autorités sénégalaises.
Investi pour un mandat maximal d’un an, le général Horta N’Tam promet de mener une lutte « énergique » contre le narcotrafic, qu’il accuse d’avoir « capturé la démocratie ». La Cédéao appelle les militaires à regagner les casernes, tandis que sa mission de stabilisation poursuit la sécurisation des institutions. L’organisation régionale réaffirme sa détermination à défendre la démocratie et presse la junte de respecter ses engagements de transition.

