Réuni en conférence de presse jeudi 18 décembre 2025 à la Maison du Parti socialiste, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance du régime en place. Face aux journalistes, son coordonnateur, l’ancien ministre Samba Sy, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« incapacité manifeste » du pouvoir Diomaye-Sonko à répondre aux attentes économiques et sociales des Sénégalais.
À quelques jours de la fin de l’année, le FDR estime que le bilan de 2025 est largement négatif. « À toutes les grandes interrogations sur l’économie, l’emploi, le coût de la vie, les libertés ou la crédibilité internationale du Sénégal, la seule réponse est non », a martelé Samba Sy, évoquant une crise multidimensionnelle en gestation.
Sur le plan économique, le Front pointe l’absence de mesures fortes lors de la dernière session budgétaire, l’échec de la « fable de la dette cachée » et le silence du gouvernement sur le rebasing des comptes nationaux. Il dénonce également les retards de paiement des bourses étudiantes, des factures dues aux entreprises de BTP et les difficultés de la campagne arachidière, aggravées selon lui par un manque de financements et des décisions fiscales inadaptées. Le FDR alerte aussi sur l’éloignement du pays de la souveraineté alimentaire, citant l’augmentation des importations de céréales.
Mais c’est surtout sur la cherté de la vie que l’opposition appuie. Samba Sy a qualifié de « propagandiste » la récente baisse annoncée des prix, soulignant que la chute du prix du baril à l’international devrait se traduire par une diminution réelle du carburant, de l’énergie, de l’eau et des transports. « Rien ne justifie qu’en décembre 2025 le litre de super soit à 920 F CFA au Sénégal contre 820 F en Côte d’Ivoire », a-t-il insisté, exigeant une baisse véritable et durable.
Le FDR fustige par ailleurs une instrumentalisation de la justice, des tensions au sommet de l’État et un train de vie jugé ostentatoire de certains dignitaires, contrastant avec la précarité des populations. Face à cette situation, le Front appelle à une mobilisation nationale et annonce une série d’actions politiques à travers le pays dès les prochaines semaines, avec l’objectif affiché de « remettre le Sénégal à l’endroit » et de préparer les échéances électorales à venir.

