Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC)ont suspendu leur porte-parole, le général-major Sylvain Ekenge, après des déclarations jugées stigmatisantes envers la communauté tutsi. Cette décision, annoncée à Kinshasa, a provoqué une vive réaction du Rwanda, dans un contexte sécuritaire déjà tendu dans l’est du pays.

L’État-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a annoncé, dimanche, la suspension du général-major Ekenge Bomusa Efomi Sylvain de ses fonctions de porte-parole, à la suite de propos jugés stigmatisants envers la communauté tutsi.

Dans un communiqué rendu public le 28 décembre à Kinshasa et signé par le chef d’état-major général, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, la hiérarchie militaire condamne des déclarations tenues la veille sur les antennes de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), estimées incompatibles avec les valeurs républicaines et les missions constitutionnelles des FARDC.

Selon des sources concordantes, le général Ekenge a tenu des propos assimilés à des stéréotypes ethniques à l’encontre des Tutsi, suscitant une vive indignation. L’état-major précise que ces déclarations « ne reflètent en rien la position officielle de la République démocratique du Congo, ni celle du commandant suprême des FARDC, le président de la République, encore moins celle du gouvernement ».

La réaction a été immédiate au Rwanda.
Dimanche, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a dénoncé, dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, des propos qu’il assimile à une rhétorique génocidaire, accusant l’officier congolais d’avoir repris des thèmes de propagande ayant précédé le génocide de 1994.

Il a également mis en cause, plus largement, les autorités de Kinshasa, évoquant des griefs récurrents liés à la situation sécuritaire et aux discours de haine.

Le chef de la diplomatie rwandaise a averti que Kigali n’accepterait « jamais » une répétition de son histoire tragique, tout en estimant que d’éventuelles sanctions individuelles ne suffiraient pas à dissiper les inquiétudes régionales.

Pour sa part, l’état-major des FARDC a réaffirmé sa détermination à défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, tout en assurant la protection de « toutes les Congolaises et de tous les Congolais, sans aucune distinction ». Il a appelé la population à l’unité, à la cohésion nationale et au rejet de tout discours de haine.
Cette affaire survient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, où les FARDC affrontent plusieurs groupes armés, dont le M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda, une accusation rejetée par Kigali.

APA

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