Dakar : un appel international pour la libération du président Mohamed Bazoum

Réunis à Dakar lors d’une conférence de presse tenue début janvier 2026, les membres du Collectif international pour la libération du président Mohamed Bazoum et de son épouse ont haussé le ton pour dénoncer une détention qu’ils qualifient d’« arbitraire, inhumaine et illégale ». Devant des journalistes sénégalais et internationaux, le collectif a réclamé avec force la libération immédiate de l’ancien chef de l’État nigérien, renversé par un coup d’État militaire le 26 juillet 2023 et détenu depuis plus de vingt-neuf mois.

Prenant la parole au nom du collectif, Talla Sylla a rappelé que Mohamed Bazoum et son épouse Kadidja sont « séquestrés, isolés, privés de liberté sans procès », devenus selon lui « les otages d’une junte militaire ». Il a comparé leur sort aux pratiques les plus sombres de l’histoire, s’interrogeant sur le silence persistant de la communauté internationale face à la détention prolongée d’un président démocratiquement élu. Pour rompre cet isolement, le collectif, créé à Dakar en décembre 2025, a lancé une vaste mobilisation internationale ayant déjà recueilli plus de 3 000 signatures de personnalités venues d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs.

Le collectif insiste sur le fait que son combat n’est pas politique, mais fondé sur des principes universels : la défense de la vérité, de la démocratie et la protection des dirigeants élus. Mohamed Bazoum, ont souligné les intervenants, incarne le courage et la fidélité à la parole donnée, refusant de démissionner sous la contrainte. Il demeure aujourd’hui le seul chef d’État détenu aussi longtemps pour avoir respecté la Constitution de son pays.

Dans ce contexte, un appel solennel a été adressé au président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Le collectif l’exhorte à faire de la libération de Mohamed Bazoum une priorité diplomatique, alors que le Sénégal s’apprête à jouer un rôle majeur au sein de la CEDEAO. Une lettre officielle a été déposée à la présidence, invitant Dakar à initier une médiation africaine de dernière chance. D’autres courriers ont été envoyés à des organisations internationales ainsi qu’à l’ancien président américain Barack Obama, afin qu’il use de son influence pour favoriser une issue pacifique.

Fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine a pour sa part souligné que la détention de Mohamed Bazoum constitue un facteur aggravant de la crise multidimensionnelle que traverse le Niger. Selon lui, dans un pays frappé par une grave crise économique, sociale et sécuritaire, la libération de l’ancien président pourrait ouvrir la voie au dialogue, à la réconciliation nationale et à la paix durable. « La sécurité ne se règle pas uniquement par les armes », a-t-il insisté, appelant à une solution politique inclusive.

L’intervention la plus juridique est venue de Me Ruth Brody, avocate de Mohamed Bazoum. Elle a rappelé que deux décisions internationales majeures — celle de la Cour de justice de la CEDEAO en décembre 2023 et celle du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire en février 2025 — ont conclu sans ambiguïté au caractère illégal de cette détention et exigé la libération immédiate du couple présidentiel. Pourtant, a-t-elle déploré, ces décisions restent lettre morte. Privé de contact régulier avec ses avocats depuis plus de deux ans, Mohamed Bazoum demeure, selon elle, un « otage » maintenu hors de toute procédure judiciaire.

En conclusion, le collectif a lancé un message direct à la junte de Niamey, l’appelant à choisir « l’issue honorable » : libérer Mohamed Bazoum et engager une véritable réconciliation nationale. Depuis Dakar, « ville de démocratie et de teranga », les participants ont réaffirmé leur mot d’ordre : « Libérez Bazoum ! Pour l’honneur de l’Afrique. »

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