L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a franchi une nouvelle étape dans sa transformation digitale avec la présentation, jeudi 22 janvier, de ses plateformes numériques destinées à l’ensemble de l’écosystème des télécommunications. Une initiative que son Directeur général, Dahirou Thiam, inscrit dans une logique de transparence, de souveraineté numérique et de renforcement du pouvoir du consommateur.
Devant les opérateurs, les acteurs institutionnels, les partenaires techniques et les associations de consommateurs, le DG de l’ARTP a rappelé la vocation inclusive de la démarche. « Nous sommes là pour accompagner tous les acteurs, mais surtout les consommateurs », a-t-il souligné, insistant sur le fait que la majorité des outils présentés sont prioritairement orientés vers les usagers. Ils visent selon lui à : « un accès simple, transparent et fiable à l’information dans un marché caractérisé par une offre abondante et parfois complexe. »
Dahirou Thiam a ajouté également que cette dynamique, s’inscrit pleinement dans la vision portée par le New Deal Technologique de l’État du Sénégal, qui indique-t-il « ambitionne de faire du numérique un levier majeur de souveraineté, de compétitivité économique et de modernisation de l’action publique. »
Parmi les plateformes phares figure l’outil de cartographie des offres, baptisé CATALOGUE, qui permet aux consommateurs de comparer, en fonction de leur budget et de leurs usages (données, appels, services), les différentes propositions des opérateurs. « Avec plus de 200 offres sur le marché, il était difficile pour l’utilisateur de faire un choix éclairé. Désormais, il dispose d’un outil pour identifier l’offre la plus adaptée à son profil », a expliqué Dahirou Thiam.
La cartographie ne s’arrête pas aux offres commerciales. À travers SUNU CARTO, l’ARTP met à disposition une représentation géographique de la couverture des réseaux mobiles, appelée à s’élargir prochainement aux infrastructures filaires, notamment la fibre optique et les backbones de transport. En intégrant les résultats des campagnes annuelles de mesure de la qualité de service (drive tests), l’outil permet également aux citoyens de connaître, dans leur localité, le niveau réel de performance des réseaux. Une avancée majeure vers ce que le régulateur qualifie de « régulation par la donnée ».
Au total, huit solutions ont été présentées, dont certaines dédiées aux relations entre l’ARTP et les opérateurs afin d’automatiser et de fluidifier les processus. Parmi elles figurent NUMFLEX (portabilité des numéros), RECLAMATIONS (gestion des plaintes), DMARKET (veille tarifaire), PNN (plan national de numérotation), SAYTU Réseau (qualité d’expérience), FSVA (services à valeur ajoutée), ainsi que VCN, encore en cours d’élaboration.
Pour Dahirou Thiam, la digitalisation « n’est plus une option, mais un levier stratégique » permettant au régulateur d’être plus efficace et plus proche des consommateurs. Ces outils, développés en interne et en partenariat avec des structures nationales, s’inscrivent pleinement dans la Vision Sénégal 2050 et sa déclinaison numérique, tout en renforçant la souveraineté technologique et la valorisation du capital humain local.
Interpellé par ailleurs, sur la protection des données personnelles, le Directeur général a tenu à rassurer. L’ARTP, dépositaire légal de la collecte et du traitement des données, travaille en étroite collaboration avec la Commission de protection des données personnelles (CDP). Les informations sont stockées en interne, anonymisées et encadrées par une gouvernance stricte. « Toutes les dispositions ont été prises. Il n’y a pas de souci à se faire », a-t-il conclu, affirmant ainsi la volonté de concilier innovation numérique et confiance des usagers.

