« Le Maroc tient la CAF et les autres pays ont peur de prendre position » : Hôtel, terrain d’entraînement, tickets, arbitrage, Pape Thiaw… Abdoulaye Fall allume le Maroc et la CAF au sujet de la finale de la CAN

Abdoulaye Fall s’est montré offensif ce samedi dans les locaux de la RTS. Devant plusieurs membres de la FSF, le président de la Fédération sénégalaise de football a balayé tous les sujets chauds autour de la finale de la CAN 2025. Il a surtout attaqué, à juste titre, le Maroc et la CAF.

C’est une prise de parole qui va encore faire grincer des dents au Maroc et à la Confédération africaine de football. Abdoulaye Fall, le président de la Fédération sénégalaise de football, en a remis une grosse couche sur l’organisation de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Entre hôtel, terrain d’entraînement pour l’équipe, tickets d’entrée au stade et même arbitrage, Fall a fait passer tous les mots. Au fait, le natif de Bambey, a remis une petite (voire une grosse) pièce dans la machine. Sans ménager la Fédération royale marocaine de football et la CAF, évidemment.

« Le Maroc n’a jamais pensé pouvoir perdre cette coupe d’Afrique, surtout après s’être qualifié en finale, avance-t-il. Il n’y a jamais eu un pays qui s’est opposé autant au Maroc comme le Sénégal l’a fait. Le président de la FRMF, Fouzi Leekja, est mon ami. Il a été le premier à m’avoir invité après mon élection à la tête de la FSF. Mais nous sommes très méthodiques et nous avons une équipe extrêmement compétente. On savait qu’on allait être dans de très bonnes conditions à Tanger. On avait tout là-bas. Mais on savait qu’en se qualifiant en tant que premiers du groupe et en arrivant en finale, on devait aller jouer la finale à Rabat. J’avais prédit que ce serait contre le Maroc, et ça a été le cas. »

Le problème sur l’hôtel à Rabat

Et de poursuivre :« Avant cette finale, j’avais confié à Abdoulaye Sow (Secrétaire général de la FSF) une mission de prospection à Rabat, pour voir les conditions. C’est parce ce qu’on avait déjà demandé à la CAF et à la FRMF Dans quel hôtel allions-nous loger. Ils nous ont sifflé un nom d’hôtel à 24 heures de notre départ pour Rabat. Mais Sow m’a clairement dit que l’équipe nationale n’allait pas loger dans cet hôtel. Pourtant tous les autres adversaires du Maroc ont accepté de loger là-bas. Mais dès qu’on a vu l’hôtel, on savait qu’on ne pouvait pas loger là-bas, parce que, d’habitude, ce sont nos équipes de jeunes qui y logent. C’est un hôtel qui se trouve dans le centre-ville, où il y a la pollution sonore. De plus, ils ont voulu nous forcer à s’entraîner dans leur propre camp de base, le centre Mohamed VI. Quand on a reçu la notification, on a tout simplement refusé d’aller visiter. J’ai visité ce camp à plusieurs reprises. Au Sénégal, Il n’y a pas un camp plus moderne que celui-là. Le problème est que, une fois dedans, tu n’as plus des secrets. Tout ce que tu travailles est su par tes adversaires. Alors, pourquoi vouloir nous imposer ce camp pour une finale ? On a refusé catégoriquement. Vous avez aussi remarqué l’arrivée des Lions à Rabat. Il n’y avait aucune mesure de sécurité. Ce que nous avons déploré. »

Très remonté contre la CAF et le Maroc « qui monopolise » l’instance dirigeante du football africain selon lui, Abdoulaye Fall s’est chargé d’expliquer les coulisses sur le refus du Sénégal de s’entraîner dans les installations du Mohammed VI la veille de la finale. « Après, on a eu à discuter avec le président de la CAF et celui de la FRMF. Problème, Leekja remettez constamment la faute sur la CAF, alors que la CAF disait le contraire. J’ai automatiquement remarqué qu’ils essayaient de faire le malin avec nous. C’est comme ça qu’on a communiqué là-dessus. Ensuite, le président de la fédération royale marocaine de football m’a appelé, vers 1h30 du matin, en me demandant ce qui se passait. Je lui ai clairement dit qu’on ne va jamais jouer dans ces conditions. Puis il m’a convoqué dans son cabinet, au ministère des finances. J’étais avec Khalilou Fadiga. On était trois dans son bureau. Je lui ai fait savoir que les conditions de sécurité pour l’équipe nationale du Sénégal étaient inacceptables. Puis on a trouvé un terrain d’entente concernant notre lieu d’entraînement. Concernant les tickets, on nous avait donné trois tickets pour la délégation de l’équipe nationale sénégalaise. Je n’avais aucune autre possibilité pour en acheter d’autres. Vous trouvez ça normal pour une équipe finaliste de la CAN ? Vous trouvez normal que tout revienne au Maroc ? »

« Les autres pays ont peur de prendre position contre le Maroc »

Autre chose qui a tant fait parler et qui a provoqué des scènes invraisemblables lors de cette finale : l’arbitrage de monsieur le Congolais Jean-Jacques Ndala. Le Sénégal soupçonnait déjà un désavantage. « En effet, nous étions prêts à contester dans tous les aspects, sauf concernant les arbitres. Deux jours avant la finale, nous devions connaître l’identité de l’arbitre. Ça aurait dû être annoncé lors d’une commission technique. On a demandé mais on nous a dit qu’il n’y avait pas encore d’informations concernant l’identité de l’arbitre. Vous savez, il y a un délai pour faire une réquisition, pour contester la désignation de l’arbitre, si il ne vous convient pas. C’est seulement à 22h, la veille du match, qu’on a reçu la notification. Leur justification sur cela était qu’ils voulaient protéger l’arbitre, pour pas qu’il soit mis sous pression. Mais en réalité nous avions tout compris (…). Nous avons envoyé une lettre de réquisition à la CAF en plein match. On veillait tout le temps. Jamais aucun pays ne s’est opposé autant au Maroc que le Sénégal. Ils contrôlent la vice-présidence de la CAF. Ils ont les moyens et ils contrôlent la CAF. Les autres pays ont peur du Maroc. Ils ont peur de prendre position contre le Maroc. Fouzi est mon ami, on est très liés mais il y a des choses qu’on ne négocient pas. Et c’est peut-être pour ça que nous en sommes arrivés là, jusqu’à gagner la coupe. »

Enfin, Abdoulaye Fall a fièrement défendu son sélectionneur Pape Thiaw. « On est entièrement d’accord avec lui. Même nos dirigeants sont d’accord avec lui. Il y a des détails que je ne vais pas expliquer ici. À un moment, on était descendus sur la pelouse pour demander à nos joueurs de reprendre le match, pour ne pas abandonner la rencontre », a-t-il souligné, avant d’envoyer une nouvelle grosse pique au Maroc. « Il y avait de très bonnes équipes mais c’est peut-être à cause des conditions dont elles étaient victimes qu’elles ne sont pas allées loin. Nous, nous avons su anticiper et veiller. Au-delà des performances sportives, nous avons des très grands dirigeants C’est l’autre force du Sénégal. » Un discours plein de sens et qui devrait faire grimper la cote de popularité d’Abdoulaye Fall auprès des Sénégalais.

wiwsport.com

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