L’organisation de défense des droits humains Justice Sans Frontière (JSF) a exprimé, dans un communiqué rendu public mardi 10 février, sa profonde indignation et sa vive inquiétude face à la détérioration du climat social dans les universités publiques du Sénégal, particulièrement à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), dans un contexte marqué par des mouvements de grève et des tensions persistantes.
JSF dit avoir appris avec une immense consternation le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lors d’événements impliquant des interventions des forces de l’ordre à l’intérieur même de l’espace universitaire. L’organisation considère ce drame comme un signal alarmant sur la gestion sécuritaire des manifestations estudiantines.
Dans son communiqué, Justice Sans Frontière adresse ses condoléances les plus attristées à la famille biologique du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire, avant de rappeler que les universités ne doivent en aucun cas être transformées en zones de confrontation violente, mais doivent rester des espaces dédiés au savoir, à la liberté académique et au débat démocratique.
L’organisation fustige avec la plus grande fermeté les violences et bavures policières répétées observées lors des manifestations estudiantines. Elle estime que l’usage disproportionné de la force constitue une violation grave des droits fondamentaux des étudiants.
Face à la gravité des faits, JSF exige l’ouverture immédiate d’enquêtes sérieuses, indépendantes, impartiales et exhaustives afin d’établir toute la vérité sur les causes exactes et les circonstances précises du décès d’Abdoulaye Ba. Elle appelle également à ce que les responsabilités individuelles et collectives, tant civiles que pénales, soient clairement établies pour que justice soit rendue à la victime et à sa famille.
Justice Sans Frontière rappelle que le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique et le respect de la dignité humaine sont garantis par la Constitution du Sénégal ainsi que par les conventions internationales relatives aux droits humains ratifiées par l’État sénégalais.
En conséquence, l’organisation appelle les autorités publiques à privilégier un dialogue sincère et responsable plutôt que la répression, exhorte les forces de défense et de sécurité à faire preuve de professionnalisme, de retenue et de respect strict des règles d’usage de la force, et invite l’ensemble des acteurs universitaires à œuvrer pour un retour durable à un climat apaisé, favorable à l’enseignement et à la réussite académique.
Justice Sans Frontière affirme enfin demeurer vigilante et engagée dans la lutte pour le respect des droits humains et contre l’impunité, jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ce drame.

