Le ministre des Forces armées, Birame Diop, s’est exprimé lors de la conférence du gouvernement consacrée à la situation qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans une intervention empreinte de gravité, il a tenu à la fois à défendre l’action des forces de défense et de sécurité et à appeler à un dialogue sincère pour surmonter les tensions dans les universités.
D’emblée, le ministre a tenu à répondre aux critiques visant les interventions des forces de l’ordre. Il a insisté sur la dimension humaine de leur engagement.
Des forces de l’ordre « peinées et attristées »
« Je puis assurer que les forces de l’ordre sont les premières peinées et attristées lorsque, lors de leurs interventions, il y a des blessés ou une perte de vie humaine », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces forces agissent dans un cadre strict et avec un souci constant de responsabilité. « Les forces de l’ordre font en permanence tous les efforts nécessaires pour une exécution en toute sécurité, avec l’humanité requise, des missions qui leur sont confiées », a-t-il affirmé.
Dans la même dynamique, Birame Diop a salué leur engagement au service de la Nation. « Les autorités de la République, au nom de l’ensemble du peuple sénégalais, les félicitent et les remercient pour les services rendus à la Nation », a-t-il souligné, avant de les encourager « à poursuivre leurs efforts dans la voie de l’excellence ».
L’exigence de professionnalisme et de proportionnalité
Tout en exprimant son soutien aux forces de défense et de sécurité, le ministre a rappelé les exigences qui encadrent leur action. « L’État du Sénégal continuera à les accompagner et veillera à ce qu’elles continuent d’agir avec professionnalisme et responsabilité, en respectant le principe de proportionnalité ainsi que tous les droits de nos concitoyens », a-t-il assuré. Une manière de réaffirmer l’engagement de l’État à concilier maintien de l’ordre public et respect des libertés fondamentales.
Universités : « un nombre important de défis à relever »
Abordant ensuite la situation dans les universités, et particulièrement à l’UCAD, Birame Diop a reconnu l’ampleur des difficultés. « Il faut avouer (…) qu’il y a un nombre important de défis à relever », a-t-il admis, en écho aux propos du ministre de l’Enseignement supérieur. Pour le membre du gouvernement, la solution passe nécessairement par le dialogue. « Il n’y a pas d’autre solution que de créer les conditions de concertations franches, sincères, constructives et respectueuses », a-t-il insisté.
Préserver la tradition sénégalaise du dialogue
Au-delà de la conjoncture universitaire, Birame Diop a élargi son propos à l’identité même du Sénégal. « Notre pays a toujours été un pays de concertation et de dialogue, un pays de solidarité. Il doit le demeurer », a-t-il martelé. Selon lui, cette culture du dialogue est le socle de la stabilité nationale. Elle « lui a toujours valu et garanti la stabilité et la paix qui ont jusque-là fait la fierté de ses citoyens et sa réputation au plan international ».
En guise de conclusion, le ministre a lancé un appel à l’unité nationale, comparant le Sénégal à une famille. Il a rappelé la responsabilité collective de préserver l’héritage reçu des générations précédentes et de le transmettre aux suivantes. Un message qui se veut à la fois un plaidoyer pour l’apaisement et un rappel des valeurs fondatrices de la République.
Lesoleil.sn

