Des supporters sénégalais condamnés au Maroc contestent fermement la décision rendue à leur encontre. Par la voix de leur conseil, Me Patrick Kabou, ils affirment que la procédure judiciaire dont ils ont fait l’objet n’a pas respecté leurs droits fondamentaux.
Dans une déclaration adressée à l’opinion publique nationale et internationale, l’avocat sénégalais indique que ses clients « considèrent que ce procès n’est pas le leur », estimant que les conditions d’un procès équitable n’ont pas été réunies.
Selon Me Kabou, les prévenus n’auraient compris précisément les faits qui leur sont reprochés qu’à l’audience du 12 février, grâce à une traduction en wolof assurée par le Vice-Consul du Sénégal. Le tribunal ne disposait pas, depuis le début de la procédure, d’un traducteur dans cette langue, pourtant maîtrisée par les accusés.
Les mis en cause rappellent plusieurs manquements qu’ils jugent graves :
- Lors des interrogatoires devant les enquêteurs, ils affirment n’avoir bénéficié ni de l’assistance d’un avocat ni d’un interprète en wolof ;
- Devant le Procureur du Roi, ils soutiennent ne pas avoir eu accès aux services d’un avocat ni à un interprète dans leur langue ;
- Ils déclarent ne jamais avoir pu rencontrer leurs avocats pour préparer leur défense, situation qu’ils imputent au Procureur du Roi ;
- À l’audience du 12 février, ils auraient été entendus en l’absence de leurs conseils ;
- À celle du 19 février, ils n’auraient pas été en mesure de suivre les échanges, principalement tenus en arabe, et ce malgré la présence d’un traducteur assermenté, aucun dispositif de traduction en wolof n’ayant été mis en place.
Pour les supporters condamnés, interjeter appel reviendrait à « cautionner l’absence manifeste de procès équitable » ainsi qu’un défaut de respect des droits de la défense et des droits des détenus. Ils estiment que la décision rendue ne peut les concerner, compte tenu des irrégularités qu’ils dénoncent.
Dans un propos particulièrement fort, ils affirment se considérer « comme des otages en attente de leur libération par leurs ravisseurs ».
À travers cette déclaration, Me Patrick Kabou, avocat à la Cour et docteur en droit, dit vouloir porter l’affaire à la connaissance de l’opinion publique, au Sénégal comme à l’international, afin d’alerter sur ce qu’il présente comme une atteinte aux garanties fondamentales d’un procès juste et équitable.

