Face à la presse ce mercredi, Barthélemy Dias a livré une charge sévère contre le pouvoir en place, articulant son propos autour du monde rural, de la jeunesse, de la gouvernance et de la situation économique du pays. En toile de fond : le refus d’une « émergence » qui, selon lui, marginalise les populations les plus vulnérables.
Sa tournée nationale a débuté dans la région de Saint-Louis, avec des étapes à Dagana et Podor. Objectif affiché : écouter les acteurs locaux. Il décrit un « décrochage agricole préoccupant », évoquant une campagne arachidière désastreuse et un déficit d’irrigation persistant malgré la proximité du fleuve Sénégal. Les éleveurs, ajoute-t-il, font face à la flambée du prix de l’aliment de bétail, à l’insuffisance des services vétérinaires et à une insécurité pastorale croissante.
La crise halieutique et le drame de l’érosion à la Langue de Barbarie, où des maisons ont été englouties et des familles déplacées, illustrent selon lui l’abandon des territoires. Il dénonce également l’opacité entourant l’octroi des licences de pêche. Parmi ses propositions : un plan national d’irrigation pour le Nord, un fonds de stabilisation pour l’aliment de bétail, un programme de santé animale et un vaste chantier de sécurisation côtière avec recasement des populations affectées.
Sur le front universitaire, le leader politique pointe une perte de confiance des jeunes envers les promesses publiques. Il réclame justice après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et condamne l’intervention policière à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, dénonçant un usage excessif de la force et des intrusions dans les pavillons. « La police doit maintenir l’ordre sans brutaliser l’espace universitaire », martèle-t-il, promettant des sanctions et la préservation des acquis étudiants.
Sur le plan économique, il s’alarme de la suspension du programme avec le Fonds monétaire international et du risque de défaut de paiement à l’horizon mars 2026. Il accuse le gouvernement de gérer les urgences sans planification stratégique et prône une réforme rigoureuse des finances publiques, ainsi qu’une transparence totale sur les recettes du pétrole et du gaz.
Enfin, il s’inquiète d’incidents récents – incendie au ministère des Finances, cambriolage à la direction informatique du Trésor, cyberattaque contre des fichiers automatisés – qu’il interprète comme des signaux de fragilité institutionnelle. Dénonçant des priorités budgétaires contestées et l’absence d’action contre la vie chère, Barthélemy Dias appelle à un « sursaut national » et à l’avènement d’un leadership plaçant l’humain, l’éducation et la santé au cœur du projet politique.

