Le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a réaffirmé lundi à Dakar la volonté du Sénégal de redresser ses finances publiques sans passer par une restructuration de sa dette. Il s’exprimait à l’ouverture d’une réunion d’experts sur le thème : « La crise de la dette du Sénégal dans une perspective mondiale ».
Devant des chercheurs, partenaires et responsables publics réunis à l’initiative de IDEAs-Africa Network, sous le patronage du Premier ministre Ousmane Sonko, Malick Ndiaye a défendu une approche fondée sur « la transparence, la responsabilité et la souveraineté ».
« Parler de dette publique, c’est parler de souveraineté et de responsabilité devant les citoyens », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, estimant que les révélations récentes sur l’état réel des finances publiques ont mis en lumière « des dysfonctionnements graves » dans la gestion de l’endettement.
Selon lui, la transparence constitue désormais « le point de départ du redressement ». Les autorités sénégalaises entendent ainsi restaurer la crédibilité financière du pays à travers le Plan de redressement économique et social (PRES 2025-2028) et l’Agenda « Sénégal Vision 2050 ».
Malick Ndiaye a surtout insisté sur le refus du Sénégal d’opter pour une restructuration de sa dette. « La restructuration n’est pas l’option retenue », a-t-il affirmé, évoquant un « choix souverain et responsable » visant à préserver la signature financière du pays et à honorer ses engagements.
Le Sénégal privilégie plutôt une stratégie reposant sur la discipline budgétaire, la mobilisation des ressources internes et une gestion plus active de la dette. Le président de l’Assemblée nationale a toutefois mis en garde contre une austérité excessive qui sacrifierait les investissements dans l’éducation, la santé ou l’emploi des jeunes.
Il a également plaidé pour un renforcement du contrôle parlementaire sur les finances publiques. « Chaque emprunt engage la Nation », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité d’une vigilance accrue sur les engagements financiers de l’État.
Au-delà du cas sénégalais, Malick Ndiaye a appelé à « un multilatéralisme financier plus juste », estimant que les mécanismes internationaux actuels prennent insuffisamment en compte les réalités des économies africaines.

