Réforme constitutionnelle : Aar Sunu Constitution appelle à la transparence et au consensus

À deux jours de l’examen par l’Assemblée nationale de la proposition de loi portant révision de la Constitution, prévu lundi 29 juin, la plateforme Aar Sunu Constitution est montée au créneau. Lors d’une conférence de presse organisée samedi 27 juin, son membre Elimane Khaby Kane a dénoncé une procédure qu’il juge précipitée et inadaptée à l’importance de l’enjeu.

Selon lui, l’initiative parlementaire s’inscrit dans un contexte marqué par un projet de révision déjà annoncé par le président de la République. Mais c’est surtout la célérité du processus qui suscite ses inquiétudes. « Cette précipitation nous inquiète et nous interpelle. Pourquoi avons-nous besoin d’accélérer une réforme aussi importante qui concerne la Constitution du Sénégal ? », a-t-il lancé.

Pour Elimane Khaby Kane, la Loi fondamentale mérite un traitement particulier. « La Constitution, ce n’est pas un simple texte. La Constitution, c’est un pacte avec le citoyen », a-t-il insisté, avant d’ajouter que ceux qui la modifient « doivent même faire trembler leurs mains plusieurs fois avant de changer un seul article ou un seul mot ».

Le membre d’Aar Sunu Constitution estime également que cette réforme intervient dans un contexte politique inapproprié, marqué par des tensions entre l’exécutif et la majorité parlementaire. « Cette Constitution ne doit pas être un moyen pour gérer ce conflit ponctuel, qui est un conflit partisan », a-t-il averti, refusant que « des enjeux de pouvoir président au tripatouillage de notre Constitution ».

Autre sujet de préoccupation : le manque de transparence. « Ce qui va être voté lundi, personne ne le connaît. Le projet de loi définitif n’est pas publié », a déploré Elimane Khaby Kane, évoquant des informations contradictoires sur l’ampleur des modifications envisagées.

Sans rejeter le principe d’une révision constitutionnelle, la plateforme plaide pour une méthode fondée sur le dialogue. « Nous demandons à ce qu’une approche inclusive puisse être utilisée pour que tout le peuple se reconnaisse dans ce qui va se faire », a conclu Elimane Khaby Kane, appelant à une large concertation afin de préserver le consensus autour de la Loi fondamentale.

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