Affaire Jérôme Badiaky et Sakory Ka devant le tribunal : le parquet demande 5 ans et 3 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Dakar a examiné, ce mercredi, le dossier de Jérôme Badiaky, dit « Sniper », et de Sakory Ka, poursuivis dans une affaire liée à la détention et au trafic présumé d’armes. À l’issue des débats, le parquet a requis cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende de 5 millions de F CFA contre Jérôme Badiaky, tandis qu’il a demandé trois ans de prison ferme et une amende de 2 millions de F CFA contre Sakory Ka. La décision du tribunal est attendue le 22 juillet 2026.

L’affaire trouve son origine dans l’arrestation de Jérôme Badiaky en septembre 2024 par la Division des investigations criminelles (DIC). Les perquisitions effectuées à son domicile et dans une résidence à Grand-Mbour avaient conduit à la saisie de plusieurs armes, de munitions, de matériels de sécurité, de talkies-walkies, de fortes sommes d’argent ainsi que de passeports diplomatiques établis à son nom. Les investigations avaient ensuite révélé que certaines armes provenaient d’armureries agréées, tandis qu’un pistolet Beretta ne figurait dans aucun registre officiel.

À la barre, Jérôme Badiaky a contesté les accusations. Il a expliqué que les équipements appartenaient à son entreprise de gardiennage et a reconnu uniquement une irrégularité administrative concernant une arme acquise avant l’obtention de l’autorisation requise. Il a également affirmé que les passeports diplomatiques lui avaient été remis dans le cadre de missions de sécurité auprès d’anciennes autorités de l’État.

Sakory Ka a, lui aussi, rejeté les poursuites. Il a soutenu que toutes les armes retrouvées en sa possession étaient régulièrement autorisées et destinées à des activités de chasse, niant avoir vendu une arme à son coaccusé.

Au cours du procès, le ministère public a estimé que les infractions de détention illégale et de trafic d’armes étaient caractérisées, tout en jugeant insuffisamment établis les faits susceptibles de compromettre la sécurité publique. Les avocats des deux prévenus ont plaidé la relaxe, contestant la qualification des faits et la solidité des éléments de preuve. Les conseils de Jérôme Badiaky ont également dénoncé un dossier à caractère politique, une thèse rejetée par l’accusation. Le tribunal rendra sa décision le 22 juillet prochain.

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