Le gouvernement passe à la vitesse supérieure dans la gestion de la soudure. Dans l’édition d’une réunion interministérielle présidée jeudi par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, une enveloppe de 7,2 milliards de FCFA a été mobilisée pour financer l’assistance alimentaire et pastorale destinée aux populations les plus exposées et aux éleveurs confrontés aux déficits fourragers.
Cette réponse d’urgence repose sur une répartition ciblée des ressources. Les transferts monétaires, pilotés par le Fonds de solidarité nationale, concentrent la dotation la plus importante avec 2,64 milliards de FCFA , tandis que 3,13 milliards sont destinés à l’assistance pastorale à travers la Direction de l’Élevage. Le Commissariat à la sécurité alimentaire bénéficiera de 700 millions pour la distribution de kits alimentaires, alors que le Conseil national de développement de la nutrition recevra près de 728 millions de FCFA pour renforcer les interventions nutritionnelles.
Au-delà du financement, l’Exécutif veut améliorer la gouvernance de la réponse. Les crédits devront être mis à la disposition des structures opérationnelles au plus tard le 12 août , tandis que le Conseil national de sécurité alimentaire est convoqué avant la fin du mois pour définir une stratégie de long terme.
Le gouvernement entend également affiner sa connaissance du terrain. Des Comités départementaux de développement seront organisés dès la semaine du 10 août dans les départements de Bambey, Goudiry, Salémata et Ranérou afin d’établir un diagnostic précis de la situation alimentaire des populations et du bétail. Les données recueillies devront alimenter un dispositif quotidien de suivi permettant de mesurer les besoins, les ressources engagées et les zones encore insuffisamment couvertes.
La coordination constitue un autre axe majeur de cette feuille de route. Les partenaires techniques et financiers, les ONG ainsi que le secteur privé sont invités à aligner leurs interventions sur les priorités du Plan national de résilience (PNR) 2026 , tout en communiquant leurs plans d’action et les financements mobilisés. L’État souhaite également renforcer les contributions aux enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) pour soutenir les réponses aux urgences alimentaires.
La stratégie gouvernementale ne se limite toutefois pas à l’assistance immédiate. Les ministères concernés devront engager une réflexion sur le financement durable du stock national de sécurité alimentaire , avec une priorité accordée aux achats auprès de la production locale afin de renforcer la souveraineté économique. Des programmes de résilience sont également annoncés dans les territoires les plus vulnérables, en associant agriculture, pêche, élevage, environnement et économie sociale.
L’exécutif introduit également une dimension sanitaire à sa politique alimentaire. Il prévoit d’intégrer l’approche « One Health » au sein du Conseil national de sécurité alimentaire afin de mieux articuler santé humaine, santé animale et protection de l’environnement. Cette orientation vise notamment à améliorer la surveillance des zoonoses, la qualité sanitaire des aliments, la prévention de l’antibiorésistance et la protection des cultures.
Enfin, le gouvernement anticipe les effets des fortes pluies. Les ministères de l’Hydraulique, des Infrastructures et du Commerce sont chargés de mettre en place un dispositif renforcé de surveillance des zones où les inondations ou les crues pourraient compliquer l’accès aux denrées alimentaires, accentuant ainsi les risques d’insécurité alimentaire. Cette approche traduit la volonté des autorités de conjuguer gestion de l’urgence et préparation face aux aléas climatiques.

