Les déclarations venues de Washington semblent rassurer l’ancien ministre de l’Économie, Abdourahmane Sarr. Dans une analyse intitulée « Washington : Le Programme d’abord », il estime que les communications de la Présidence de la République et du Fonds monétaire international (FMI) sont « plus rassurantes » que celles de la première semaine de septembre sur la situation financière du Sénégal.
Pour Abdourahmane Sarr, le pays demeure « résilient et sur une bonne trajectoire », malgré le niveau élevé de sa dette. Il va même jusqu’à considérer cette contrainte comme pouvant constituer « une bénédiction pour un changement systémique forcé ».
L’ancien ministre s’intéresse particulièrement aux rencontres du président Bassirou Diomaye Faye à Washington avec Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, et Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI. Il relève que, contrairement aux attentes suscitées par les discussions autour de la dette, les communiqués publiés à l’issue de ces entretiens ne font aucune référence à une restructuration de la dette ou au Cadre commun du G20.
Selon lui, le communiqué relatif à la rencontre avec la Banque mondiale s’est davantage concentré sur les secteurs d’intervention de l’institution : énergie, protection sociale, emploi des jeunes, entrepreneuriat, climat des affaires et développement territorial.
La rencontre avec la directrice générale du FMI apparaît, à ses yeux, encore plus significative. Les deux parties ont exprimé leur volonté « d’aller rapidement vers l’approbation du programme par le Conseil d’administration du FMI », notamment pour « desserrer sans tarder les contraintes de liquidité du pays ». Le président Faye y réaffirme également l’engagement du Sénégal à renforcer ses finances publiques et à assurer la viabilité de sa dette.
Pour Abdourahmane Sarr, cette orientation doit être saluée. Il estime que le Sénégal a avant tout besoin d’un programme avec le FMI, accompagné d’un apport de liquidités, afin de soutenir l’ajustement budgétaire déjà engagé. Il rappelle toutefois que l’analyse de viabilité de la dette, appelée à éclairer les prochaines décisions, n’est pas encore achevée.
L’ancien ministre propose ainsi une séquence précise : finaliser l’analyse de la dette, tester le scénario combinant ajustement budgétaire, refinancement régional sur le marché souverain de l’UEMOA, financements du FMI et ressources concessionnelles, puis s’attaquer aux contraintes de liquidité.
Dans cette perspective, Abdourahmane Sarr met en avant la résilience du marché régional et appelle à privilégier une solution adaptée à la situation du Sénégal. « Le Sénégal n’a pas vocation à devenir le cas test d’un mécanisme international de restructuration dont la nécessité n’a pas été démontrée pour notre pays », conclut-il.

