L’International Budget Partnership (IBP) et l’ONG 3D ont organisé hier, jeudi 24 septembre un atelier consacré à la présentation des résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) 2025 pour le Sénégal. Si des progrès sont relevés dans l’accès à l’information et la participation citoyenne, le pays enregistre une régression dans le contrôle budgétaire. Une situation qui interroge l’effectivité du rôle de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes dans le suivi de la gestion des finances publiques.
Les résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) 2025 mettent en lumière les difficultés persistantes du Sénégal en matière de transparence et de contrôle des finances publiques. Présentés lors d’un atelier coorganisé hier, jeudi 24 septembre par l’International Budget Partnership (IBP) et l’ONG 3D, ces résultats révèlent une situation contrastée, marquée par des avancées dans certains domaines, mais aussi par un recul préoccupant du contrôle budgétaire.
Selon Cheikh Tidiane Cissé, directeur administratif de l’ONG 3D, le Sénégal obtient une note de 42 sur 100 en matière de transparence budgétaire, alors que le seuil considéré comme satisfaisant dans l’évaluation est fixé à 61 points. Cette performance traduit des insuffisances dans la mise à disposition des informations budgétaires, notamment en ce qui concerne la production et la diffusion des documents dans les délais requis.
L’EBO évalue trois dimensions essentielles de la gestion des finances publiques : la transparence, la participation citoyenne et le contrôle budgétaire. Sur le volet de la participation, le Sénégal passe de 0 point en 2023 à 6 points sur 100 en 2025. Une progression que l’ONG 3D considère comme un signe d’effort de la part des pouvoirs publics, même si le niveau atteint reste faible.
Le contrôle budgétaire, principal point de préoccupation
C’est toutefois sur le contrôle budgétaire que les résultats suscitent le plus d’interrogations. La note du Sénégal est passée de 33 sur 100 en 2023 à 31 sur 100 en 2025, soit une baisse de deux points. Cette dimension concerne notamment le rôle de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes dans le contrôle de l’utilisation des ressources publiques.
Pour Cheikh Tidiane Cissé, cette régression s’explique en grande partie par le caractère encore insuffisamment effectif des mécanismes de contrôle. « L’Assemblée nationale exerce le contrôle, mais le contrôle n’est pas effectif », a-t-il souligné, appelant l’institution parlementaire à exposer les difficultés auxquelles elle se heurte dans l’exercice de cette mission.
L’enjeu, selon lui, est de permettre aux différentes parties prenantes, avec l’appui de l’IBP, d’identifier les contraintes qui limitent l’efficacité du contrôle budgétaire et de proposer des solutions adaptées. La Cour des comptes, en tant qu’institution chargée notamment du contrôle des finances publiques, est également concernée par cette réflexion sur le renforcement de la redevabilité.
Des réformes attendues pour améliorer la note du Sénégal
Au-delà du constat, l’atelier vise à dégager des pistes d’amélioration en vue de la prochaine enquête. L’ONG 3D estime que le Sénégal peut s’inspirer de certaines expériences sous-régionales, notamment celle du Bénin, dont les performances sont présentées comme supérieures dans le domaine de la transparence budgétaire.
La Direction générale du Budget, représentée par Abdoulaye Aziz Diagne, contrôleur aux Impôts et Domaines, a pour sa part réaffirmé l’importance de rendre les informations budgétaires accessibles, compréhensibles et utiles aux citoyens. Elle annonce la poursuite d’actions portant sur la diffusion des documents budgétaires, le développement de versions citoyennes du budget, le dialogue avec la société civile et le renforcement des capacités des acteurs.

