Rentrée scolaire 2026-2027 : le gouvernement veut éviter tout couac dès le premier jour

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, le gouvernement veut mettre toutes les chances de son côté pour assurer une reprise des cours sans perturbations. Réuni en conseil interministériel au Building administratif Président Mamadou Dia, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a appelé l’ensemble des acteurs du système éducatif à privilégier l’apaisement et le dialogue.

Le chef du gouvernement a notamment insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue avec les organisations syndicales d’enseignants. Une nouvelle étape est d’ailleurs attendue le 15 octobre prochain avec la réunion du comité de pilotage chargé du suivi des accords conclus entre l’État et les syndicats.

Cette perspective intervient dans un contexte marqué par les inquiétudes du G7 des syndicats d’enseignants. Ses représentants ont dénoncé des lenteurs dans la matérialisation de plusieurs revendications et menacent, en conséquence, de perturber les premières semaines de l’année scolaire. Face à ces préoccupations, le Premier ministre a appelé les syndicats à tenir compte de la situation économique du pays. Il leur demande d’être « conscients des limites financières du pays et des efforts consentis par le gouvernement pour satisfaire les doléances ».

Trois priorités pour une rentrée effective

Du côté du ministère de l’Éducation nationale, la préparation de la rentrée repose sur trois priorités majeures. Moustapha Mamba Guirassy veut d’abord garantir la présence effective des enseignants dans les établissements dès l’ouverture des classes. « Il ne peut y avoir de rentrée pleinement effective si, dès le premier jour, les enseignants ne sont pas présents là où la Nation a besoin d’eux », souligne-t-il.

La deuxième priorité concerne les infrastructures. Le gouvernement entend rendre les établissements « fonctionnels, propres et sûrs », notamment ceux affectés par les intempéries, les occupations ou les travaux. La troisième porte sur la disponibilité à temps des manuels scolaires, intrants pédagogiques, équipements et services essentiels.

« Ces trois priorités sont indissociables », insiste le ministre, pour qui l’objectif est d’être « prêts, partout, pour tous, dès le premier jour ».

Des investissements et des progrès

Le gouvernement met également en avant plusieurs avancées enregistrées dans le secteur. À travers le Programme d’amélioration de l’environnement scolaire, 14 écoles élémentaires complètes, trois collèges, six lycées et deux blocs scientifiques et technologiques ont été construits en 2026. Quatorze établissements ont également fait l’objet de réhabilitations.

Dans les établissements existants, 1 305 salles de classe, 220 blocs administratifs, 250 blocs d’hygiène et 44 000 mètres linéaires de murs de clôture ont été réalisés. La mise en service des LYNAQE de Sédhiou et de Kaffrine, la résorption progressive des abris provisoires et l’accompagnement de 1 127 daara modernes figurent également parmi les réalisations citées.

La transformation numérique constitue un autre axe important. Dans le cadre de la Stratégie du Numérique pour l’Éducation 2025-2029 et du programme PLANETE 3.0, 6 547 tablettes pédagogiques ont été distribuées et 12 385 enseignants formés et certifiés au numérique et à l’intelligence artificielle. Le raccordement programmé de 6 898 établissements à l’Internet haut débit doit, par ailleurs, contribuer à réduire la fracture numérique.

Le MOHEBS est aujourd’hui déployé dans 1 951 écoles, avec l’ambition de promouvoir une éducation multilingue intégrant davantage les langues nationales, tout en consolidant la maîtrise du français et l’apprentissage précoce de l’anglais.

Des défis encore persistants

Malgré ces avancées, le ministre reconnaît que plusieurs difficultés demeurent. « Des abris provisoires subsistent et certaines infrastructures doivent être réhabilitées, sécurisées et raccordées à l’eau, à l’électricité et à l’Internet », rappelle Moustapha Mamba Guirassy.

Les déficits en personnels dans certaines académies et disciplines, les disparités territoriales, l’encadrement des élèves orientés vers les filières scientifiques et l’inclusion des enfants à besoins éducatifs particuliers figurent également parmi les défis identifiés.

Le renforcement des cantines et de la santé scolaires, une meilleure intégration des daara ainsi que l’amélioration des données de pilotage complètent cette liste.

À l’issue du conseil interministériel, le gouvernement entend ainsi traduire ces orientations en directives concrètes. L’objectif affiché reste le même : garantir une rentrée effective et préparer, sur le long terme, une école plus performante, inclusive et équitable.

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