Vingt-cinq ans après la création du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), devenu aujourd’hui l’AUDA-NEPAD, le Sénégal réaffirme son engagement en faveur d’un développement porté et financé davantage par les Africains. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris part, samedi à El-Alamein, en Égypte, au sommet extraordinaire des membres fondateurs de cette initiative continentale.
Le Sénégal figure parmi les cinq pays à l’origine du partenariat lancé en 2001. Celui-ci est né de la convergence entre le Plan Oméga porté par l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade et les initiatives défendues par les présidents Thabo Mbeki d’Afrique du Sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria et Abdelaziz Bouteflika d’Algérie.
Un quart de siècle plus tard, le chef de l’État sénégalais a rendu hommage aux pères fondateurs du NEPAD, saluant une vision qui plaçait déjà le développement du continent sous la responsabilité première des Africains. Pour Bassirou Diomaye Faye, cet héritage doit désormais être prolongé par des actions concrètes permettant au continent de renforcer son autonomie et d’accélérer sa transformation.
Dans son intervention, le président sénégalais a notamment plaidé pour une accélération de la réalisation des infrastructures régionales, considérées comme un levier essentiel de l’intégration et de la croissance africaines. Il a également insisté sur la nécessité de revoir les mécanismes de financement du développement en accordant une place plus importante à l’épargne intérieure et au secteur privé africain.
« Réaliser le développement du continent est à notre portée », a affirmé Bassirou Diomaye Faye, donnant ainsi le ton à une intervention axée sur la capacité des pays africains à mobiliser leurs propres ressources pour financer leurs priorités de développement.
Les échanges d’El-Alamein ont abouti à l’adoption de la Déclaration d’Alamein. Le document reprend plusieurs des orientations défendues au cours du sommet, notamment la nécessité de promouvoir des mécanismes de financement reposant davantage sur des ressources africaines prévisibles.
Pour le Sénégal, cette ambition s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, présenté comme le cadre de référence de la politique de développement du pays. Dakar entend ainsi inscrire son action dans une logique de mobilisation accrue des ressources nationales afin de soutenir les investissements et les projets structurants.
Le sommet d’El-Alamein aura donc été l’occasion de revisiter l’héritage du NEPAD, mais aussi de réaffirmer une ambition : faire davantage du continent africain l’acteur de son propre développement. Une orientation qui passe, selon les engagements consignés dans la Déclaration d’Alamein, par des infrastructures régionales renforcées et une mobilisation plus importante des ressources africaines.

