À l’occasion de la 9e édition de la Semaine du Caire sur l’eau (Cairo Water Week 2026), le Sénégal a réaffirmé son ambition de faire entendre une position africaine commune sur les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement. Entre mobilisation politique, financement des infrastructures hydrauliques et coopération internationale, Dakar entend jouer un rôle majeur dans la préparation de la prochaine Conférence des Nations Unies sur l’eau, prévue en décembre 2026 à Abou Dhabi.
Le Sénégal entend renforcer le leadership africain dans la gouvernance mondiale de l’eau. C’est le message porté par la délégation sénégalaise à la 9e édition de la Semaine du Caire sur l’eau, conduite par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, également président du Conseil des ministres africains chargés de l’Eau (AMCOW).
Cette rencontre internationale a constitué une tribune pour le Sénégal, qui plaide en faveur d’une mobilisation politique plus forte, d’investissements adaptés aux réalités du continent et d’une coopération internationale davantage orientée vers des résultats concrets.
En marge des travaux, le ministre sénégalais a été reçu au palais d’Ittihadiya par le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, aux côtés d’autres ministres et chefs de délégation. Cette rencontre a notamment permis de mettre en lumière les expériences africaines de gestion concertée des ressources hydriques, à travers les exemples de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG).
Ces deux institutions régionales démontrent que la coopération autour des ressources en eau peut dépasser les frontières nationales pour devenir un puissant instrument d’intégration, de confiance entre les États et de consolidation de la paix.
Pour des engagements africains plus concrets
Au cœur des discussions consacrées aux six dialogues interactifs de la prochaine Conférence des Nations Unies sur l’eau, le Sénégal a défendu la nécessité d’une meilleure coordination politique entre les États et les partenaires internationaux.
Pour Dakar, les engagements pris dans les grandes instances multilatérales doivent désormais se traduire par des actions concrètes, crédibles et mesurables. Le pays insiste notamment sur la prise en compte des priorités du Sud global, l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, la sécurité hydrique ainsi que la mobilisation de financements à la hauteur des besoins du continent.
La question du financement des projets hydrauliques a également occupé une place importante dans les échanges. La délégation sénégalaise a ainsi pris part aux discussions sur la nouvelle stratégie de la Facilité africaine de l’eau, avec un accent particulier sur la préparation des projets et la mobilisation d’investissements structurants.
Un enjeu stratégique pour le Sénégal, qui assurera la présidence de cette institution à partir de mars 2027.
Abou Dhabi, prochain rendez-vous décisif
Cette mobilisation diplomatique intervient dans un contexte particulièrement important pour le Sénégal. Le pays coorganisera avec les Émirats arabes unis la troisième Conférence des Nations Unies sur l’eau, prévue du 8 au 10 décembre 2026 à Abou Dhabi.
Cette échéance représente une occasion majeure pour le continent africain de peser davantage dans les négociations internationales et de défendre une vision commune des politiques de l’eau.
À travers sa présidence de l’AMCOW, le Sénégal ambitionne ainsi de fédérer les positions africaines autour de priorités partagées et de faire émerger une voix continentale forte, cohérente et influente dans les discussions mondiales.
Au-delà des déclarations politiques, l’objectif est de transformer les engagements internationaux en véritables leviers d’investissement, de coopération et de développement durable.
En inscrivant son action dans la dynamique de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, le Sénégal entend faire de la sécurité de l’eau et de l’assainissement des piliers essentiels de la transformation du continent.
À l’approche du rendez-vous d’Abou Dhabi, Dakar affiche ainsi une ambition claire : faire de l’eau non seulement un enjeu de développement, mais aussi un facteur d’intégration africaine, de stabilité et de prospérité pour les générations présentes et futures.

