L’activiste sénégalais des droits humains Seydi Gassama maintient fermement sa position contre une éventuelle candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Dans une déclaration au ton critique, il dénonce ce qu’il considère comme une tentative de banalisation des violations passées et appelle à un devoir de mémoire vis-à-vis des victimes.
Seydi Gassama établit un parallèle avec la scène internationale, évoquant notamment la décision récente du président chilien de retirer son soutien à l’ancienne présidente Michelle Bachelet dans la course au poste de Secrétaire général de l’ONU. Une décision qui, selon lui, s’inscrit dans des jeux d’alliances politiques sans susciter de véritable controverse à l’échelle mondiale.
En revanche, la situation sénégalaise lui paraît autrement plus préoccupante. Il critique vivement les appels de certains partisans de l’ancien régime invitant le président Bassirou Diomaye Faye à soutenir la candidature de Macky Sall. Pour Seydi Gassama, une telle démarche reviendrait à ignorer les violences politiques survenues durant les dernières années du pouvoir de l’ex-chef de l’État.
L’activiste rappelle notamment le lourd bilan humain et judiciaire associé à cette période, évoquant plus de 65 morts et des milliers de personnes emprisonnées dans un contexte de tensions politiques. À ses yeux, soutenir une candidature internationale dans ces conditions reviendrait à faire fi de la souffrance des victimes.
« L’impunité et le mépris pour la souffrance des victimes ne doivent pas prévaloir », insiste-t-il, appelant à une prise en compte des responsabilités avant toute ambition sur la scène internationale.
Cette sortie relance le débat sur la place des anciens dirigeants africains dans les institutions internationales, ainsi que sur les critères d’éligibilité à des fonctions censées incarner les valeurs universelles de justice et de droits humains.

