Julius Maada Bio – président de sierra Léone-CEDEAO :  l’urgence d’une refondation tournée vers les peuples

Intervenant en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, le Chef  de l’Etat Sierra Léonais Julius Maada Bio, a, au cours de son intervention lors du grand panel des chefs d’Etat réitéré son appel en faveur d’une transformation en profondeur de l’organisation sous-régionale, dans un contexte marqué par des crises politiques profondes en Afrique de l’Ouest.

Face aux incertitudes qui pèsent sur l’avenir de l’organisation, en raison des velléités de retrait exprimées par le Mali et le Niger Julius Maada Bio, a martelé sa conviction selon laquelle l’intégration sous -régionale doit être repensée, à pour répondre aux attentes. Il a soutenu que la CEDEAO doit s’affranchir des cadres trop rigides pour se transformer en une institution plus dynamique dont l’action est centrée sur les besoins de ses 400 millions d’habitants.

A l’en croire, les doutes exprimés par certains Etats quant à leur maintien au sein de l’organisation, traduisent une interrogation plus profonde sur sa pertinence et son efficacité. Et dans ce cadre, il a souligné qu’il devient « impératif de donner aux populations des raisons concrètes de croire en la souveraineté partagée, car personne ne quitte une fête quand elle bat son plein ».

Cette refondation de l’organisation implique une prise en compte de la démographie à laquelle la région est confrontée. En effet avec près de 60 à 70% de la population composés par les jeunes, l’Afrique se trouve à moment de sa trajectoire historique où « cette vitalité peut devenir soit un moteur de croissance, soit un fardeau déstabilisant ».

D’où d’un investissement massif dans une éducation adaptée à ses besoins, particulièrement dans le domaine du numérique pour cette jeunesse cesse d’être perçue comme une menace migratoire mais plutôt comme un atout pour le développement. Il faut dans ce sens, offrir des perspectives et de l’espoir sur le continent pour préserver les jeunes des affres d’une traversée périlleuse du désert ou de la méditerranée.  « À l’horizon 2050, un être humain sur quatre dans le monde sera africain, et préparer cette main-d’œuvre qualifiée est une nécessité stratégique pour une région dont l’Occident vieillissant aura besoin » a dit  Julius Maada Bio

Dressant un bilan critique, après cinquante années d’existence de la CEDEAO, il a regretté l’insuffisance des  infrastructures nécessaires pour une interconnexion entre les capitales. A titre d’illustration il rappelle l’exemple de ses ministres qui ont été bloqués pendant quatre jours dans un des aéroports de la sous-région, pour un trajet qui ne devrait même pas durer une heure. « L’intégration régionale doit donc passer par une rupture radicale avec la fragmentation actuelle. L’objectif est de briser les barrières pour permettre à une commerçante de Dakar de se rendre à Lagos quotidiennement et de communiquer sans frais d’itinérance excessifs à travers toute la région. Au-delà des routes et des câbles, il s’agit de reconnaître que les communautés locales ignorent souvent les frontières administratives et entretiennent des liens que les gouvernements devraient soutenir plutôt que de restreindre par des barrières artificielles » a-t-il dit.  Il a ainsi appelé à une rupture avec la fragmentation persistante, en défendant une vision d’une région où les échanges humains et économiques seraient facilités, tant par des infrastructures physiques que par une meilleure connectivité numérique. Il a insisté sur la nécessité de reconnaître les liens sociaux et culturels qui dépassent les frontières administratives, en invitant les États à les accompagner plutôt qu’à les entraver.

Pour lui, la stabilité de la sous-région repose sur l’instauration d’un nouveau contrat social garantissant la paix et la sécurité, ce qui suppose une gestion plus efficace des zones frontalières afin de prévenir l’implantation de groupes hostiles exploitant les frustrations locales.

Puis il a annoncé la tenue prochaine d’un sommet consacré à l’intégration économique, qui devrait permettre de revitaliser l’esprit fondateur de la CEDEAO tout en l’adaptant aux réalités contemporaines. Il a conclu en affirmant que les peuples de la région forment une communauté de destin qui ne saurait se permettre la fragmentation. Ce sommet « devra servir de catalyseur pour ranimer l’esprit des pères fondateurs de la CEDEAO, tout en l’adaptant aux réalités de la communication moderne où chaque nouvelle locale devient instantanément internationale ». se basant sur le leur histoire commune et la proximité géographique qui les unissent, Maada Bio a souligné avec force conviction que « la région ne peut se permettre la fragmentation, car ses habitants ne sont pas de simples voisins, mais les membres d’une seule et même famille ».

Sud Quotidien

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *