Démantèlement d’un vaste réseau de fraude à l’état civil à Ziguinchor

Les autorités sénégalaises ont porté un coup sévère à un réseau présumé de fraude documentaire opérant dans plusieurs communes de la région sud du pays. L’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de Ziguinchor a déféré, le 8 mai 2026, sept individus devant le parquet du Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention indue de documents administratifs.

L’affaire a éclaté à la suite d’un contrôle de routine effectué au poste de Cantene. Les agents ont intercepté une ressortissante étrangère en possession d’un extrait de naissance et d’une copie littérale d’acte de naissance établis à la mairie de Kaour en 2009. Les documents, jugés suspects, auraient été obtenus frauduleusement.

Selon les enquêteurs, la mise en cause a reconnu avoir acquis ces pièces administratives contre la somme de 20 000 FCFA grâce à l’intervention d’un agent municipal de Niaguis, avec la complicité présumée d’un responsable de l’état civil de Kaour.

L’enquête a pris une ampleur considérable après l’exploitation des téléphones portables saisis lors des interpellations. Les investigations ont permis de mettre au jour un réseau structuré impliquant plusieurs agents et officiers d’état civil de différentes collectivités locales de la région.

Un démarcheur basé à Ziguinchor a notamment été arrêté en possession de centaines de données fictives provenant des mairies de Kaour, Niaguis, Ziguinchor, Enampore et Djouloulou. Les enquêteurs affirment également avoir découvert de nombreux certificats de nationalité et casiers judiciaires falsifiés.

Face aux enquêteurs, plusieurs agents interpellés auraient reconnu leur implication dans ce système frauduleux. Les tarifs pratiqués variaient entre 6 000 et 250 000 FCFA, selon l’ancienneté des actes demandés et le profil des bénéficiaires, principalement des ressortissants étrangers en quête de documents administratifs sénégalais.

Les investigations ont révélé des méthodes sophistiquées destinées à contourner les procédures administratives et les contrôles officiels. Le réseau utilisait notamment des registres parallèles sous forme de cahiers de brouillon, attribuait des numéros d’actes inexistants et exploitait des espaces laissés vacants dans les registres d’état civil après leur clôture officielle.

Les enquêteurs évoquent également des pratiques de surcharge et de falsification de références administratives afin de substituer des identités au profit de tiers étrangers.

Les autorités judiciaires et sécuritaires assurent que les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles ramifications supplémentaires et de déterminer l’étendue exacte de ce vaste système de fraude documentaire dans la région sud du Sénégal.

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