Conseil interministériel sur les infrastructures : le gouvernement sonne la mobilisation pour débloquer 245 projets et actifs publics

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce jeudi 21 mai 2026, un Conseil interministériel consacré aux infrastructures au Building administratif Président Mamadou Dia. Au terme d’un diagnostic jugé « exhaustif » des blocages financiers, juridiques, techniques et opérationnels, le chef du gouvernement a annoncé une série de 11 mesures destinées à accélérer la mise en service, l’achèvement ou la valorisation des infrastructures publiques à travers le pays.

Les travaux ont permis d’identifier 245 actifs et projets répartis en quatre catégories : les infrastructures achevées mais non exploitées, les actifs déjà en service pouvant être valorisés, les chantiers en cours nécessitant une relance, ainsi que le patrimoine immobilier et foncier de l’État susceptible d’être recyclé.

Selon les données présentées au Conseil, 30 projets achevés demeurent non mis en service, dont 25 confrontés à divers blocages. Ces infrastructures représentent un investissement gelé de 279 milliards de FCFA. Quinze d’entre elles ont été classées en « haute priorité » en raison de leur impact économique et social.

Par ailleurs, 23 actifs déjà opérationnels, évalués à plus de 1 065 milliards de FCFA, pourraient faire l’objet de nouveaux mécanismes de valorisation. Le gouvernement a également recensé 94 projets en cours d’exécution, dont 62 actuellement bloqués. Leur coût global est estimé à 5 227 milliards de FCFA, avec un besoin de financement complémentaire de 973 milliards.

Le patrimoine immobilier et foncier de l’État n’échappe pas à cette revue stratégique. Quatre-vingt-dix-sept biens ont été identifiés, principalement dans la région de Dakar, pour une valeur marchande estimée à 132 milliards de FCFA.

Le diagnostic révèle des blocages multiformes. Les difficultés financières demeurent les plus importantes, touchant 42 projets confrontés à des insuffisances budgétaires, des défauts de paiement ou des retards dans le règlement des échéances. Les problèmes techniques concernent notamment les raccordements aux réseaux d’eau, d’électricité ou de télécommunications, tandis que plusieurs projets souffrent de contentieux administratifs ou contractuels.

Le Premier ministre a particulièrement insisté sur les « causes opérationnelles », qualifiées de paradoxales. Treize infrastructures, parfois achevées depuis plusieurs années, restent inutilisées faute de modèle d’exploitation ou de coordination entre les acteurs concernés.

Pour remédier à cette situation, Ousmane Sonko a annoncé la création d’un comité inclusif placé sous sa présidence. Cette « task force » devra assurer un suivi hebdomadaire des projets et produire, avant le 30 juin 2026, une feuille de route détaillée pour la finalisation des chantiers et la valorisation des actifs publics.

Plusieurs projets prioritaires ont été ciblés. Il s’agit notamment des infrastructures portuaires et maritimes de Foundiougne, Soumbédioune ou Rufisque, des Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté, des fermes villageoises Naatangué ANIDA, mais aussi de grands chantiers en souffrance comme l’Université du Sine-Saloum, les Espaces numériques ouverts (ENO), les aéroports régionaux, le mémorial du bateau Le Joola ou encore l’hôpital Aristide Le Dantec.

Le gouvernement entend également promouvoir des partenariats public-privé pour l’exploitation des stades, des agropoles, des infrastructures touristiques et environnementales, ainsi que pour la valorisation du patrimoine immobilier de l’État, y compris certaines représentations diplomatiques à l’étranger.

À travers cette initiative, l’exécutif affiche sa volonté d’améliorer la gouvernance des investissements publics et de transformer des infrastructures parfois abandonnées en leviers de croissance économique et de service aux populations.

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