Le directeur exécutif de Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a exprimé sa vive préoccupation à la suite de la convocation des députés Guy Marius Sagna et Cheikh Bara Ndiaye à la Section de recherches de la Gendarmerie nationale.
Dans une déclaration rendue publique, Seydi Gassama a indiqué que son organisation est « très préoccupée » par cette procédure visant les deux parlementaires. Selon lui, les infractions qui leur sont reprochées seraient présumément liées à l’exercice de la liberté d’expression, un droit fondamental garanti par les textes nationaux et internationaux relatifs aux droits humains.
Le responsable d’Amnesty International Sénégal a également plaidé pour une réforme du cadre juridique applicable à ce type d’infractions. Il a demandé la suppression des peines d’emprisonnement pour les délits liés à l’expression, estimant que ces dispositions sont souvent utilisées pour réduire au silence les voix critiques à l’égard des autorités politiques.
« Nous demandons la suppression des peines de prison pour ces infractions qui sont utilisées pour faire taire les critiques contre les dirigeants politiques », a-t-il déclaré.
Seydi Gassama a par ailleurs rappelé que plusieurs figures de l’actuel pouvoir ont elles-mêmes été confrontées à des poursuites similaires sous le régime de l’ancien président Macky Sall. Il a notamment cité le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko, qui avaient fait l’objet de procédures judiciaires liées à leurs prises de position politiques lorsqu’ils étaient dans l’opposition.
Pour Amnesty International Sénégal, cette situation souligne la nécessité de renforcer la protection de la liberté d’expression et de mettre fin à l’utilisation des sanctions privatives de liberté dans les affaires relevant de l’expression d’opinions ou de critiques politiques.

