Pour leur grand retour en Coupe du monde, 12 ans après leur dernière participation, les Fennecs n’ont pas pesé face à la championne du monde en titre. L’Algérie s’est inclinée 3-0 contre l’Argentine, ce 17 juin 2026 à Kansas City, sous l’effet d’un Lionel Messi des grands soirs, auteur d’un triplé qui le hisse au sommet des meilleurs buteurs de l’histoire de la compétition, à égalité avec Miroslav Klose (16 buts).
Tout commence dès la 5e minute par un but argentin signé Messi, finalement annulé pour hors-jeu. L’avertissement est clair : l’Albiceleste a pris le contrôle des opérations d’entrée. Le scénario se confirme à la 17e minute, lorsque le capitaine argentin profite d’une intervention manquée du gardien algérien, Luca Zidane, pour ouvrir le score d’une frappe sèche du gauche. L’Algérie tarde à réagir : il faut attendre la 40e minute pour voir la première tentative algérienne, par l’intermédiaire de Farès Chaïbi, seul joueur à avoir tenté de bousculer le scénario en fin de première période.
En seconde période, Messi est encore décisif. Bien servi par Rodrigo De Paul, il double la mise à l’heure de jeu (60e) avant de conclure son récital d’une frappe enroulée à la 76e minute, trouvé par Nicolas González. Sorti sous l’ovation du public à la 80e minute, il laisse ses coéquipiers gérer tranquillement la fin de rencontre face à des Verts incapables de réduire l’écart.
Les chiffres de la rencontre
- Possession : environ 52-53 % pour l’Argentine contre 47-48 % pour l’Algérie
- Tirs algériens : 7 tentatives, aucune cadrée
- Premier tir algérien : 40e minute seulement (Chaïbi)
- Passes : taux de précision proche des deux côtés (~92 %), mais l’Argentine a eu plus de fluidité dans le jeu (323 passes contre 249)
- Arrêts décisifs : Zidane, fautif sur le premier but, a réalisé deux parades qui ont évité une addition plus salée
Le constat statistique est sans appel : sept tirs sans le moindre cadrage est l’indicateur d’une équipe qui n’a jamais réellement inquiété la défense argentine, malgré une possession proche de la parité.
Trop de respect ?
L’Algérie n’est jamais vraiment entrée dans son match. L’entame a été catastrophique : le but annulé n’a pas servi d’avertissement, et l’Algérie a concédé l’ouverture du score dès la 17e minute sur une erreur individuelle de son gardien. S’en est suivie une stérilité offensive inquiétante : zéro tir cadré sur sept tentatives, premier tir seulement à la 40e minute, pour une équipe qui n’a jamais construit d’occasion franche malgré la présence de joueurs offensifs reconnus (Maza, Hadj Moussa, Chaïbi…) La possession, relativement équilibrée, n’a jamais été transformée en danger réel, signe d’un manque de tranchant dans le dernier geste.
Sur le plan individuel, Luca Zidane a tout de même livré deux arrêts importants malgré sa responsabilité sur le premier but, et Rayan Aït-Nouri s’est montré l’un des rares à être entreprenant balle au pied.
Ce revers est historique : il s’agit de la défaite la plus large jamais concédée par une sélection africaine face à l’Argentine en phase finale de Coupe du Monde, et du bilan le plus sévère de l’Algérie depuis sa défaite 3-0 face à l’Espagne en 1986. L’Argentine porte à 7 victoires en 8 confrontations son bilan face à des équipes de la zone CAF (1 nul).
Et maintenant ? L’Algérie, dos au mur, jouera une grande partie de sa qualification lors de son deuxième match de groupe face à la Jordanie. Pour Vladimir Petković, le chantier est clair : retrouver de la verticalité offensive et corriger les errements défensifs qui ont coûté cher dès les premières minutes.

