Après trois jours de travaux consacrés à la gouvernance du secteur de la sécurité, l’Assemblée nationale du Sénégal a réaffirmé sa volonté de renforcer le rôle du Parlement dans l’anticipation des crises et le contrôle démocratique des politiques sécuritaires. Organisé par la Commission Défense et Sécurité, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer (KAS), cet atelier stratégique a réuni parlementaires, experts et chercheurs autour des nouveaux défis sécuritaires qui touchent la sous-région.

Placée sous le thème « Parlement, gouvernance du secteur de la sécurité et contrôle démocratique des politiques sécuritaires », cette session de renforcement des capacités avait pour objectif d’outiller les députés afin qu’ils puissent mieux appréhender un environnement régional marqué par des menaces de plus en plus complexes, hybrides et transfrontalières.

La dernière journée a été marquée par l’intervention du professeur Mamadou Bodian, enseignant-chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), qui a développé une réflexion sur le thème « Vers une architecture sécuritaire parlementaire renforcée ».

Selon l’universitaire, les défis sécuritaires actuels exigent une redéfinition du rôle du Parlement. Il a estimé que le contrôle parlementaire ne doit plus se limiter à une réponse aux crises, mais évoluer vers une approche anticipative capable d’identifier les vulnérabilités avant qu’elles ne dégénèrent. Pour lui, les menaces contemporaines dépassent le seul cadre militaire et trouvent également leur origine dans les fragilités institutionnelles, les tensions sociales, les difficultés économiques, les conflits liés aux ressources naturelles ou encore les dynamiques territoriales.

Les débats qui ont suivi ont mis en lumière la nécessité de renforcer l’expertise des parlementaires et de créer des passerelles durables entre l’Assemblée nationale, les universités et les centres de recherche. Les participants ont également plaidé pour une coopération interparlementaire régionale plus étroite afin de mieux faire face aux défis sécuritaires transfrontaliers.

Ils ont, par ailleurs, insisté sur l’importance d’une gouvernance sécuritaire inclusive, associant les institutions publiques, les forces de défense et de sécurité, le monde académique ainsi que les citoyens dans une démarche axée sur la prévention des crises, la résilience et la consolidation de la paix.

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur le renforcement des capacités d’analyse stratégique des députés, la promotion d’un contrôle démocratique davantage orienté vers la prévention des risques et le développement de la coopération régionale dans la gouvernance du secteur de la sécurité.

La cérémonie officielle de clôture a été présidée par Ibou Gueye, président de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, aux côtés du Dr Tobias Ruettershoff, directeur du programme SIPODI West Africa de la Fondation Konrad Adenauer (KAS). Les deux responsables ont salué la qualité des échanges, la pertinence des contributions des experts et l’engagement des parlementaires tout au long de l’atelier.

La rencontre s’est achevée par une cérémonie de remise de certificats aux députés participants, marquant la fin de cette session de formation stratégique consacrée au renforcement de la gouvernance sécuritaire et à la consolidation du rôle du Parlement dans la prévention et l’anticipation des crises.

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