Comme il l’avait annoncé le 4 juillet dernier à l’occasion d’une audience accordée aux 306 maires, membres de la Coalition Diomaye Président, venus des 14 régions du Sénégal, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé sa formation politique, KIIRAAY Les Patriotes Républicains, lors de l’assemblée générale constitutive organisée samedi 25 juillet à Dakar. Avec la création de ce parti, le président de la République ouvre une nouvelle étape de son parcours politique, qu’il place sous le signe de la défense des institutions, de l’éthique et de la primauté de la République.
KIIRAAY, Les Patriotes Républicains, est donc le nom de la nouvelle formation politique portée sur les fonds baptismaux par le président de la République Bassirou Diomaye DiakharFaye et les responsables de sa coalition. Cette création entérine définitivement sa séparation d’avec son ancienneformation, le PASTEF, en dépit des déclarations par lesquelles, il réaffirmait encore récemment son appartenance à ce parti.
Dans un discours aux accents solennels, le président de la République a placé la défense des institutions au cœur du projet politique de KIIRAAY. Pour lui, cette initiative dépassé la seule création d’un parti et s’inscrit dans une vision de l’Etat, fondée sur la pérennité des institutions. « Ce jour n’appartient pas seulement à un parti, il consacre une certaine idée du Sénégal, une idée simple mais haute que je porte depuis l’enfance et que deux années à la tête de l’État ont gravé en moi comme une certitude. Cette idée, c’est que seule la République protège et protège tout le monde. Nous devons tous nous mettre à son service et la protéger. »
Revenant sur l’expérience acquise au cours de ses deux années à la tête du pays, il a expliqué que l’exercice du pouvoir avait profondément transformé sa perception des responsabilités publiques. Il affirme avoir compris que « quand on est opposant, on n’est responsable de rien, en aucune façon. » A l’inverse, a-t-il poursuivi, « lorsque l’on exerce le pouvoir, on est responsable de tout, de toutes les façons. »
Bassirou Diomaye Faye a également indiqué que son expérience présidentielle lui avait enseigné que ce qui garantit la stabilité d’un Etat, dans les périodes de sérénité comme dans les moments de crise, n’est ni dans les slogans, ni dans les foules, ni même les hommes et les femmes, mais bien dans la solidité « des institutions », qu’il appelle à préserver avec vigilance convaincu que « Quiconque affaiblit une institution affaiblit la maison de tous. »
Pour Bassirou Diopaye Faye, la République ne saurait être réduite à une notion juridique ou à un simple discours politique. Elle est avant tout, le cadre commun qui protège l’ensemble des citoyens, quelles que soient leurs convictions ou leurs choix. « Elle est la maison qui abrite tous les citoyens. Elle protège celui qui prie à la mosquée, celui qui prie à l’église comme celui qui ne prie pas. Elle protège celui qui a voté pour et celui qui a voté contre. »
A cet égard, il a rappelé son serment prononcé lors de son investiture, par lequel il s’est engagé à servir tous les Sénégalais sans distinction. Ce serment dit-il, demeure au fondement de son action et prévaut sur toute autre organisation politique. « Aucun parti, pas même celui qui nait aujourd’hui, ne passera jamais devant lui. La Nation est au-dessus de nous, la Patrie est au-dessus de nous », a-t-il réitéré soulignant que la devise de son parti KIIRAAY Les patriotes Républicains « c’est la patrie d’abord. »
Le président du parti KIIRAAY a insisté sur la nécessité de préserver l’héritage légué par des anciens. « Nos devanciers nous ont légués mieux que des frontières. Ils nous ont légués la teranga qui fait de l’étranger en hôte. Ils nous ont légués le dialogue qui fait de l’adversaire en interlocuteur », a-t-il souligné.
Poursuivant son propos, il a salué les valeurs de coexistence pacifique qui caractérisent l’identité nationale. « Ils nous ont légués ce vivre ensemble, cette fraternité tranquille qui fait vivre côte à côte les Musulmans et les Chrétiens, et qui fait de nos foyers religieux et de nos chefs coutumiers les gardiens patients de la cohésion nationale », rappelant en ce sens que « ce pays a changé de dirigeant sans brûler. Il a connu des colères sans se défaire. Chaque génération l’a reçue debout et l’a transmise debout. »
Évoquant ensuite les années tensions politiques et de violences qu’a traversées le Sénégal, le chef de l’Etat a estimé que le pays devrait définitivement refermer cet épisode de son histoire. Il a rappelé les blessures laissées par les affrontements, les divisions au sein des familles et le lourd tribut payé par de nombreux jeunes. « Aucune cause ne vaut la vie d’un Sénégalais. Et rien de ce que nous construisons ne reposera sur l’oubli », a-t-il déclaré, avant d’avoir une pensée pour tous ceux avant l’indépendance et de l’indépendance comme depuis l’accession du Sénégal à la souveraineté, ont sacrifié leur vie pour bâtir l’héritage dont bénéficie aujourd’hui la Nation.
Tout en insistant sur le devoir de mémoire, Bassirou DiomayeFaye a estimé que celui-ci ne devait nourrir ni l’esprit devengeance ni l’oubli. « Elle nous demande de faire en sorte que plus jamais dans ce pays, un désaccord politique nous coûte une vie. »
La naissance de KIIRAAY s’inscrit précisément dans cette ambition de préserver la cohésion nationale et de transmettre aux générations futures un Sénégal plus solide. « Nous n’en sommes pas les propriétaires, nous en sommes les dépositaires. Et notre devoir est de le transmettre intact aux générations qui viennent, et mieux encore, de le transmettre grandi. »

