Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, superviseur général adjoint de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, Dr Abdourahmane Diouf, hausse le ton dans la controverse sur la réforme des crédits spéciaux, communément appelés « fonds politiques ».Dans une sortie au vitriol, il accuse le président de l’Assemblée nationale et la majorité parlementaire de tenir un « double discours » sur une réforme qui, selon lui, menace directement les dimensions sociales et religieuses de ces crédits.
Abdourahmane Diouf s’appuie notamment sur la comparaison entre la proposition de loi parlementaire et les amendements de l’Exécutif. Il relève que l’article 2 de la proposition de l’Assemblée réserve « exclusivement » les crédits spéciaux à la défense, à la sécurité et au renseignement. À l’inverse, les amendements gouvernementaux élargissent leur champ à la détresse sociale, aux urgences humanitaires, à la solidarité et à la cohésion sociale.Même constat à l’article 4, où l’Exécutif introduit, selon le ministre, la protection de l’ordre social et des valeurs humanitaires, d’entraide et de solidarité.
Le ministre cible particulièrement l’article 5, qui exclut explicitement les dépenses à caractère social. Il estime que cette orientation rend la proposition parlementaire « anti-sociale, anti-religieuse, anti-politique et anti-culturelle », et la juge déconnectée des réalités sénégalaises.Abdourahmane Diouf dénonce également un « double standard », rappelant que l’ancien Premier ministre aurait largement utilisé les crédits spéciaux lorsqu’il était aux affaires, avant de vouloir aujourd’hui en restreindre l’utilisation.
Pour le ministre, la réforme défendue par la majorité vise surtout à « neutraliser les capacités d’action du président de la République » et constitue une instrumentalisation politique des institutions.Il interpelle enfin le président de l’Assemblée nationale : « Assumez votre discrimination de nos foyers religieux dans le fléchage des fonds politiques ! » Pour lui, la bataille autour des crédits spéciaux dépasse désormais la seule question budgétaire et touche directement au modèle de solidarité et au vivre-ensemble sénégalais.