Le parti Pastef-Les Patriotes est monté au créneau, par la voix de son secrétaire général Ayib Daffe, également président du groupe parlementaire de la majorité, pour réagir à l’accord technique récemment conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international. Ce nouveau programme, adossé à la Facilité élargie de crédit, porte sur 36 mois et un montant annoncé de 1 243 milliards de francs CFA.
Pour Ayib Daffe, au-delà de l’aspect technique, cet accord recouvre un enjeu politique majeur : les autorités ont manifesté leur intention de solliciter un traitement de la dette pour en restaurer la viabilité. « Dès lors que les conditions initiales de remboursement sont modifiées, nous entrons dans une logique de restructuration », a-t-il tranché, appelant à un débat public autour de trois questions : comment le pays en est arrivé là, qui en porte la responsabilité, et qui paiera le prix de la solution retenue.
Le responsable politique est revenu sur le dossier de la dette cachée, rappelant que le parti au pouvoir avait assumé, lorsqu’il était aux responsabilités, la nécessité de faire la lumière sur des engagements mal retracés dans la comptabilité publique. Il a cité les chiffres du bulletin statistique de juillet 2026 : un encours du secteur public de 25 583 milliards de francs CFA à fin 2024, dont 23 667 milliards pour l’administration centrale et 16 894 milliards de dette extérieure. Pour 2026, le besoin brut de financement dépasserait 6 075 milliards.
Au-delà des montants, Ayib Daffe exige que toute la lumière soit faite sur les conditions de contraction de cette dette, avec la mobilisation des mécanismes institutionnels existants — auditions, commissions d’enquête parlementaire — pour établir les responsabilités individuelles et institutionnelles.
Sur la restructuration elle-même, le Pastef se veut vigilant, évoquant l’exemple de la Zambie, où plusieurs années de restructuration n’ont pas suffi à sortir durablement le pays du surendettement. Le parti réclame de la transparence sur les créanciers sollicités, l’allègement réel recherché, les contreparties exigées et l’impact sur les ménages et l’emploi.
« Les Sénégalais ne doivent pas payer deux fois », a insisté le secrétaire général, plaidant pour que l’État commence par réduire ses dépenses improductives et rationaliser son fonctionnement plutôt que de reporter le coût de l’ajustement sur les populations.
Le Pastef résume sa position en trois exigences : la vérité sur la dette cachée, la responsabilité pour ceux qui ont conduit le pays à cette situation, et la protection des Sénégalais dans le cadre de la restructuration annoncée.

