Le projet de loi de finances initiale 2027 entre dans une nouvelle étape de son examen parlementaire. Du 7 au 16 novembre, les députés vont se pencher sur les principales orientations budgétaires du gouvernement, dans un contexte marqué par les impératifs de redressement des finances publiques et de financement des politiques de développement.
CALENDRIER DE TRAVAIL DE LA COMMISSION DES FINANCES ET DU CONTRÔLE BUDGÉTAIRE ÉLARGIE, ÉTABLI PAR LA CONFÉRENCE DES PRÉSIDENTS DU MARDI 03 NOVEMBRE 2026#ansen#senegalpic.twitter.com/2HaGollVTp– Assemblée nationale du Sénégal (@assembleesn)
Devant la Commission des finances et du contrôle budgétaire, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a présenté les grandes lignes d’un budget qui prévoit 5 653,9 milliards de FCFA de recettes pour 7 005,6 milliards de dépenses. Le déficit budgétaire est projeté à 1 351,7 milliards de FCFA, soit 4,7 % du produit intérieur brut (PIB).
Cette trajectoire traduite, selon le ministre, la volonté du gouvernement de réduire le déficit tout en préservant les dépenses consacrées aux secteurs prioritaires. Le déficit primaire, hors paiement des intérêts de la dette, devrait ainsi être ramené à 47,7 milliards de FCFA, soit 0,2 % du PIB.
Une mobilisation accumulée des recettes intérieures
La consolidation budgétaire repose notamment sur une progression attendue des recettes intérieures hors hydrocarbures de 5,8 % en 2027. Le gouvernement entend renforcer le recouvrement fiscal, élargir l’assiette des prélèvements et lutter contre la fraude.
Cheikh Diba a également annoncé l’entrée en vigueur prévue du nouveau Code général des impôts et du nouveau Code des douanes. Ces réformes doivent contribuer à moderniser le système fiscal et douanier, à simplifier les procédures et à améliorer les performances du recouvrement.
La digitalisation des procédures, la généralisation de la facturation électronique et la réduction ciblée des exonérations fiscales figurent parmi les mesures annoncées.
480 milliards de FCFA pour le règlement des arriérés
Le projet de budget prévoit une enveloppe de 480 milliards de FCFA pour le règlement des arrivées du secteur privé. Entre 2025 et 2027, le montant total des paiements annoncés au titre de la dette intérieure envers les entreprises devrait atteindre 1 280 milliards de FCFA.
Selon le ministre, cette mesure vise notamment à améliorer la trésorerie des entreprises, à soutenir l’investissement privé et à préserver les emplois.
Le gouvernement prévoit également une restructuration de plusieurs entreprises publiques, notamment la SONACOS, la SODEFITEX, la SAED, la SODAGRI et Air Sénégal. Un fonds de relance doté de 22 milliards de FCFA a été mis en place pour accompagner les entreprises en difficulté.
Santé, éducation et protection sociale
Malgré les restrictions budgétaires, plusieurs secteurs sociaux figurent parmi les priorités du PLFI 2027. Dans le domaine de la santé, le gouvernement prévoit la construction de cinq grands hôpitaux, le renforcement de la couverture sanitaire universelle et le soutien à la souveraineté pharmaceutique.
Pour l’éducation, les annonces présagent notamment sur la construction de 12 Lycées nation-armée pour la qualité et l’équité (LYNAQE), la réalisation de 15 000 salles de classe connectées et la poursuite des travaux des universités de Matam, du Sénégal oriental et du Sine-Saloum.
Le budget prévoit également le doublement des Bourses de sécurité familiale, dont l’enveloppe passerait de 70 milliards de FCFA en 2026 à 140 milliards en 2027. Cette mesure devrait concerner 1 000 649 ménages vulnérables.
La réforme des subventions énergétiques
Le gouvernement prévoit par ailleurs une réorientation progressive des subventions énergétiques afin de mieux cibler les bénéficiaires. Le dispositif annoncé prévoit notamment la préservation du gaz butane domestique, particulièrement les petites bouteilles, ainsi que la mise en place d’un tarif social de l’électricité destiné aux petits consommateurs et aux petits professionnels.
L’objectif est de ramener le coût total des subventions énergétiques à 1 % du PIB d’ici à 2029. Les économies réalisées devraient contribuer au financement des dispositifs de protection sociale.
Renforcer le suivi de la dette publique
La gestion des financements extérieurs constitue également un axe important du projet de budget. Le ministre a annoncé la création de la Direction générale des financements et de la dette ainsi que le recours à l’application SYSBUDGEP pour la programmation et l’exécution des dépenses financées sur ressources extérieures. Ces mesures visent à renforcer la traçabilité des emprunts et des dons et à assurer leur intégration dans le circuit budgétaire.
L’examen du PLFI 2027 se poursuit ainsi jusqu’au 16 novembre en commission. Les députés apprécieront notamment les prévisions de recettes, les allocations de crédits et les différents arbitrages proposés par le gouvernement, avant la poursuite de la procédure parlementaire.

