Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo nommé nouveau Premier ministre

Le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a procédé ce lundi à la nomination d’un nouveau Premier ministre. Par décret n° 2026-1129 du 25 mai 2026, c’est Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo qui hérite de la charge de conduire et de coordonner l’action gouvernementale. Ancien Secrétaire général de la BCEAO, ancien Ministre Secrétaire général du Gouvernement, il occupait jusqu’ici le poste de Ministre d’État chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation.

Le choix du chef de l’État s’est porté sur un technocrate aguerri, salué pour « sa compétence, sa connaissance profonde du pays, son expérience des arcanes économiques et financiers, son engagement et surtout sa loyauté ». Formé à l’école militaire du Prytanée de Saint-Louis dont il a retenu la devise Savoir pour mieux servir, Ahmadou Al Aminou Lo a passé plus de quarante ans à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, de novembre 1985 à mars 2026, avant de rejoindre le gouvernement de la rupture.

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires au Sahel, des tensions sur les finances publiques et les répercussions de la crise du Moyen-Orient sur les prix de l’énergie, le président Faye lui a confié la mission de former dans les meilleurs délais un nouveau gouvernement, qualifié de « gouvernement de mission, d’action et de résultats au service de la République ».

La feuille de route du nouveau chef du gouvernement

Prenant la parole peu après sa nomination, le nouveau Premier ministre a livré ses premières déclarations sous le signe de l’humilité et de la détermination. « Je considère cette nouvelle charge comme un sacerdoce », a-t-il déclaré, avant de rendre hommage au travail accompli par son prédécesseur Ousmane Sonko dans la déclinaison de la Vision Sénégal 2050.

Ahmadou Al Aminou Lo a été sans ambiguïté sur les priorités qui guideront son action. Il a listé quatre défis immédiats auxquels le gouvernement devra répondre : la situation des finances publiques et ses impacts sur l’économie, les effets de la crise au Moyen-Orient sur les prix des produits énergétiques, les tensions récurrentes sur le front social, et l’environnement sécuritaire sous-régional qu’il a qualifié de « délétère ».

Sa feuille de route s’articulera autour de trois axes prioritaires. D’abord, « résoudre les difficultés des Sénégalais » de manière concrète et tangible. Ensuite, décliner le Jub, Jubal, Jubanti dans toutes ses dimensions sociale, territoriale et de gouvernance. Enfin, consolider la souveraineté économique, géostratégique et culturelle du pays.

Continuité dans la méthode, cap maintenu

Le nouveau Premier ministre a tenu à rassurer toutes les parties prenantes. « Il ne s’agit point d’un changement de cap dans les engagements de transformation systémique du Sénégal. C’est plutôt un changement de méthode », a-t-il précisé, soulignant sa volonté de renforcer la cohérence institutionnelle et de l’action gouvernementale. S’adressant au secteur privé local, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux investisseurs étrangers, il a été formel : « Le Sénégal est un pays sûr et fiable, et entend le rester. »

Unique référentiel de toutes les politiques publiques, l’agenda Sénégal 2050 dont la vision est « un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré dans des valeurs fortes » demeure la boussole du nouveau gouvernement. Pour le concrétiser, le Premier ministre a appelé à une mobilisation générale de la nation : « Sénégalais d’ici et d’ailleurs, jeunes, femmes, ruraux, citadins, société civile, autorités religieuses et coutumières. »

Il a conclu ses propos en formulant un « engagement solennel de loyauté » envers le président de la République et, au-delà, envers les intérêts ultimes du peuple sénégalais qui lui a conféré cette autorité.

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