Invité de l’émission Objection sur Sud FM, Seydou Guèye, docteur en sciences de gestion, ancien ministre et porte-parole de l’Alliance pour la République (APR), a livré une analyse sévère de la situation politique et économique du Sénégal sous la troisième alternance. Son constat est sans appel : « Un Sénégal en régression. Totalement ».
Selon lui, l’alternance devait constituer « un point de départ » pour poursuivre les dynamiques de développement engagées auparavant. Or, il estime que le pays traverse aujourd’hui « une sorte de dépression collective », les citoyens ne sachant « plus où donner de la tête ». Il reproche aux nouvelles autorités d’avoir privilégié les débats institutionnels au détriment des préoccupations économiques, qu’il considère comme la priorité nationale.
Seydou Guèye a également dénoncé une fracture croissante au sein de la société sénégalaise. « D’un côté, vous avez les patriotes, et qui n’est pas patriote est un traître », a-t-il regretté, y voyant « un véritable coup de canif » porté à la cohésion nationale.
Interrogé sur les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, l’ancien ministre affirme n’avoir jamais cru à la solidité du tandem. « Sonko mooy Diomaye, ça ne tenait pas la route », a-t-il déclaré, estimant que la Constitution ne reconnaît pas un « duo » à la tête de l’État.
Pour lui, la rupture trouve son origine dans « la querelle des ambitions », les deux responsables nourrissant, selon lui, des perspectives présidentielles pour 2029. Il considère que cette rivalité éloigne les dirigeants des préoccupations des Sénégalais.
Critique envers le projet de « rupture systémique » porté par le Pastef, Seydou Guèye juge que ce concept « ne tient pas » et lui préfère l’idée de réformes concrètes. Enfin, il estime que « la crise du pouvoir a démarré au sommet de l’État » avant de s’étendre à l’ensemble des institutions, révélant selon lui les fragilités actuelles de la gouvernance sénégalaise.

