L’Institut de Défense du Sénégal (IDS) a franchi, ce mardi, une nouvelle étape dans sa mission de formation de l’élite militaire avec la cérémonie de sortie de la cinquième promotion de l’École supérieure de guerre (ESG) et de la huitième promotion du Cours d’état-major (CEM). Présidée par le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, cette cérémonie a réuni les plus hautes autorités du commandement militaire, dont le Vice-amiral d’escadre Oumar Wade, Chef d’état-major général des Armées, le Haut-commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire, l’Inspecteur général des Forces armées, le Chef de l’État-major particulier du Président de la République, le Directeur général de l’IDS, le Général de brigade Abdoul Latif Camara, ainsi que plusieurs officiers généraux.
Au-delà de la remise des brevets, cette cérémonie a été l’occasion de réaffirmer la place stratégique qu’occupe désormais l’Institut dans le dispositif de défense du Sénégal. Devant les auditeurs sénégalais et étrangers, le ministre des Forces armées a salué la montée en puissance d’un établissement appelé à devenir un véritable laboratoire de la pensée stratégique nationale.
« C’est ici que s’élabore notre doctrine : une pensée nourrie par notre histoire, enrichie par nos expériences et guidée par nos intérêts fondamentaux », a déclaré Yankhoba Diémé. Selon lui, cette dynamique participe pleinement à la « réadaptation stratégique » voulue par le Président de la République afin de doter le Sénégal d’un outil de défense en phase avec les évolutions de son environnement.
Former des décideurs stratégiques plutôt que de simples chefs militaires
Face aux mutations de la conflictualité contemporaine, le ministre estime que la préparation des officiers ne peut plus se limiter à l’excellence opérationnelle. Les guerres hybrides, la guerre informationnelle, les technologies émergentes ou encore les recompositions géopolitiques imposent désormais une compréhension globale des enjeux sécuritaires.
Dans cette perspective, il a défendu une approche fondée sur l’anticipation, la connaissance et la coopération, rappelant que « l’approche du tout sécuritaire ne suffit plus ». Les armées de demain, a-t-il insisté, auront besoin de responsables capables de comprendre autant que de commander, d’innover autant que d’agir.
Cette vision se traduit, selon lui, par les réformes engagées au sein de l’IDS pour rapprocher l’enseignement militaire supérieur sénégalais des standards internationaux, tout en préservant son ancrage dans les fondamentaux du métier des armes.
L’IDS consolide son statut de pôle d’excellence
Prenant la parole, le Général de brigade Abdoul Latif Camara a dressé le bilan d’un institut en constante évolution depuis sa création en 2021.
Il a rappelé que l’établissement s’est progressivement imposé comme un espace de réflexion stratégique grâce aux transformations académiques engagées, à l’ouverture vers le monde universitaire et au développement de partenariats avec plusieurs institutions publiques et privées.
Le partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop autour du Master en Stratégie et Défense, les conférences animées par d’anciens hauts responsables civils et militaires, ainsi que les immersions auprès d’administrations, d’entreprises stratégiques et d’organes de contrôle participent, selon lui, à la construction d’une culture stratégique ouverte sur les enjeux contemporains.
Ces dispositifs permettent aux auditeurs d’appréhender les interactions entre défense, gouvernance, économie, infrastructures critiques, information et développement, autant de dimensions désormais indissociables de la sécurité nationale.
La responsabilité d’une nouvelle génération d’officiers
À l’adresse des lauréats, les deux responsables ont insisté sur les exigences qui accompagneront désormais leurs nouvelles responsabilités.
Le Directeur général de l’IDS les a invités à faire preuve de rigueur intellectuelle, de courage dans la décision, de lucidité dans l’analyse et d’humilité dans l’exercice du commandement, dans un contexte marqué par l’accélération des innovations technologiques et l’évolution permanente des menaces.
Le ministre des Forces armées a, pour sa part, exhorté les nouveaux brevetés à inscrire la formation continue au cœur de leur parcours professionnel.
« L’excellence n’est pas un état, c’est un effort permanent », a-t-il rappelé, les appelant à cultiver sans relâche leur culture militaire, leur capacité d’analyse et leur ouverture intellectuelle.
La présence d’officiers stagiaires issus de plusieurs pays partenaires a également illustré le rayonnement régional de l’Institut de Défense du Sénégal. Pour les autorités, ces promotions constituent autant de réseaux de coopération appelés à renforcer, au-delà des frontières nationales, la réponse collective aux défis sécuritaires qui traversent aujourd’hui l’Afrique de l’Ouest et le continent.
RTS.SN

