Le député Abdulkadir Mohamed Nur « Jama » a remporté lundi l’élection à la présidence de la Chambre du peuple avec 142 voix, contre 30 à Abdulkadir Omar Moallin « Daada », dans un contexte politique marqué par les débats sur les réformes constitutionnelles et le calendrier électoral.
Le député Abdulkadir Mohamed Nur « Jama » a été élu lundi président de la Chambre du peuple du Parlement fédéral somalien, à l’issue d’un scrutin organisé à Mogadiscio.
Il a obtenu 142 voix, contre 30 pour son adversaire Abdulkadir Omar Moallin « Daada », tandis que deux bulletins ont été déclarés nuls, selon l’Agence de presse nationale somalienne (SONNA).
Abdulkadir Mohamed Nur succède à Sheikh Adan Mohamed Nur « Madobe », qui occupait la présidence de la Chambre avant son élection, le 10 juin dernier, à la tête de l’État fédéré du Sud-Ouest. Madobe avait obtenu 88 voix lors du scrutin organisé à Baidoa.
Le nouveau président de la Chambre était auparavant ministre des Ports et du Transport maritime. Sa candidature à la présidence de l’Assemblée avait été officiellement enregistrée aux côtés de celle d’Abdulkadir Omar Moallin « Daada ».
Dans son discours après son élection, Abdulkadir Mohamed Nur a remercié Dieu, le peuple somalien et les parlementaires pour la confiance placée en lui. Les passages disponibles de son intervention mettent également l’accent sur le respect de la Constitution de la République fédérale de Somalie, le renforcement des institutions et la nécessité de travailler dans l’intérêt de la population.
Son élection intervient dans une période de profondes divergences politiques en Somalie. Le Parlement fédéral a approuvé le 4 mars 2026 une nouvelle série d’amendements constitutionnels, achevant un processus de révision engagé depuis plusieurs années. Ces modifications ont notamment porté la durée des mandats présidentiel et parlementaire de quatre à cinq ans et repoussé les prochaines élections fédérales à 2027.
Ces changements ont été contestés par une partie de l’opposition et par certains États fédérés, qui dénoncent une réforme adoptée sans consensus politique suffisant. Le gouvernement fédéral présente, pour sa part, les réformes comme une étape vers la mise en place d’un système électoral fondé sur le suffrage direct.
La question des relations entre Mogadiscio et les États membres de la Fédération constitue également l’un des principaux enjeux de la période actuelle. Le Sud-Ouest a notamment été au centre d’un différend avec le gouvernement fédéral avant l’élection de Madobe à sa présidence.
À la tête de la Chambre du peuple, Abdulkadir Mohamed Nur devra ainsi conduire les travaux parlementaires dans un contexte où les questions constitutionnelles, électorales et les relations entre le gouvernement fédéral et les États membres restent au cœur des débats politiques somaliens.
APA

