La polémique née de la hausse des prix du carburant a été au cœur du point de presse de Pastef-Les Patriotes. Face aux interprétations faites de déclarations antérieures de responsables du parti, Birame Souleye Diop a tenu à apporter des précisions sur les démarches engagées lorsqu’il était ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines.
L’ancien ministre a d’abord rappelé que l’éventualité d’un réajustement des prix avait effectivement été évoquée, mais sous certaines conditions. « Si nous n’obtenions pas notre solution et devions augmenter les subventions au-delà de nos capacités, nous serions contraints de réajuster les prix », a-t-il expliqué, soulignant que cette position reposait sur une étude commandée par le président de la République et le Premier ministre.
Selon Birame Souleye Diop, les conclusions de cette étude, reçues le 19 mai, avaient surtout mis en évidence le poids de la fiscalité sur les produits pétroliers. Celle-ci atteignait alors, selon lui, 52 % sur un produit et 27 % sur l’autre, soit une moyenne d’environ 41 %. Une situation qui plaçait le Sénégal parmi les pays où les hydrocarbures étaient les plus chers en Afrique de l’Ouest, malgré l’existence de raffineries et d’infrastructures pétrolières.
Il a expliqué que le Premier ministre Ousmane Sonko avait demandé d’examiner une baisse de la fiscalité jusqu’à 15 %. L’équipe mise en place avait toutefois étudié plusieurs scénarios, notamment à 15 %, 20 % et 25 %. Des hauts fonctionnaires issus de la Douane, du Trésor, des Impôts et Domaines, ainsi que des services du ministère et du CRSE, avaient été mobilisés pendant trois jours pour élaborer les propositions.
L’objectif était, selon l’ancien ministre, de réduire simultanément la pression fiscale et les subventions afin d’aller progressivement vers la « vérité des prix ». À titre d’illustration, il affirme qu’avec une fiscalité ramenée à 25 %, le prix du super aurait pu être fixé à environ 925 FCFA le litre, contre 990 FCFA dans la situation évoquée, sur la base d’un cours du Brent autour de 90 à 92 dollars.
Le schéma proposé prévoyait également la suppression du PSEC, la réduction de moitié du COSEC et une simplification des prélèvements parafiscaux. Les subventions généralisées devaient, elles aussi, être progressivement réduites pour laisser place à des transferts directs destinés aux secteurs réellement vulnérables : transport collectif de voyageurs, transport de marchandises, taxis ou encore BTP.
Pour Birame Souleye Diop, cette approche devait permettre de ne plus subventionner indistinctement tous les consommateurs, y compris ceux qui disposent de revenus importants, mais de concentrer l’effort de l’État sur les acteurs qui en ont réellement besoin.
La mise en œuvre de cette réforme nécessitait toutefois des modifications législatives et réglementaires, notamment du Code général des impôts et du décret 2014-1562, ainsi qu’une intégration dans une prochaine loi de finances rectificative.
L’ancien ministre a enfin insisté sur la nécessité d’un comité permanent chargé du suivi trimestriel des réformes et sur l’accélération de la digitalisation des transferts. Pour lui, la finalité était claire : instaurer progressivement la vérité des prix, remplacer les subventions généralisées par une protection sociale ciblée, préserver le Compte unique du Trésor et restaurer la compétitivité de l’économie sénégalaise.

